Vauvenargues et Jean de La Fontaine

Vauvenargues et Jean de La Fontaine

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Vauvenargues et Jean de La Fontaine :


« Lorsqu’on a entendu parler de La Fontaine, et qu’on vient à lire ses ouvrages, on est étonné d’y trouver, je ne dis pas plus de génie, mais plus même de ce qu’on appelle de l’esprit, qu’on n’en trouve dans le monde le plus cultivé. On remarque avec la même surprise la profonde intelligence qu’il fait paraître de son art ; et on admire qu’un esprit si fin ait été en même temps si naturel.
» Il serait superflu de s’arrêter à louer l’harmonie variée et légère de ses vers, la grâce, le tour, l’élégance, les charmes naïfs de son style et de son badinage. Je remarquerai seulement que le bon sens et la simplicité sont les caractères dominants de ses écrits. Il est bon d’opposer un tel exemple à ceux qui cherchent la grâce et le brillant hors de la raison et de la nature. La simplicité de La Fontaine donne de la grâce à son bon sens, et son bon sens rend sa simplicité piquante : de sorte que le brillant de ses ouvrages naît peut-être essentiellement de ces deux sources réunies. Rien n’empêche au moins de le croire ; car pourquoi le bon sens, qui est un don de la nature, n’en aurait-il pas l’agrément ? La raison ne déplaît, dans la plupart des hommes, que parce qu’elle leur est étrangère. Un bon sens naturel est presque inséparable d’une grande simplicité ; et une simplicité éclairée est un charme que rien n’égale. » (Vauvenargues).

  1. (Fables de La Fontaine, nouvelle édition revisée et augmentée… et renfermant un commentaire grammatical et littéraire…, par M. Charles Aubertin, Belin frères (Paris), 1891)
  2. Par Charles Amedée Colin (1808-1873)—http://en.wikipedia.org/wiki/File:LucdeClapiers-marquisdeVauvenarges.jpg. Upload: Mathsci, CC0,

 

 

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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