Traductions en vers, de La Fontaine

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Traductions en vers, de La Fontaine


Ces vers ont été d’abord imprimés, d’après un manuscrit du temps, dans le tome XIV des Mémoires de ta Société d’émulation de Cambrai, année 1833, par M, Le Glay. Ils ont été réimprimés par M. P. Lacroix dans le volume des Œuvres inédites en 1863. Il faut en indiquer l’origine :
Le baron Michel-Ange de Vuoerden, bailli des états de Lille, s’était constitué le panégyriste, en style lapidaire, de tous les hauts faits militaires de Louis XIV. Les inscriptions latines, qu’il composait avec un talent incontestable, il les faisait imprimer et les adressait aux grands personnages de la cour de France. De tous ceux qui recevaient ainsi les productions épigraphiques du baron flamand, le marquis de Louvois fut peut-être le plus soigneux à encourager l’auteur. Le premier commis de ce ministre, le sieur Du Fresnoy, à l’exemple de son maître, avait en grande estime les inscriptions de Vuoerden. Possesseur d’une maison de campagne à Glatigny, il imagina d’y faire construire une galerie où devaient être représentées en peinture les Conquêtes de Louis XIV. Il fallait joindre à chaque tableau une inscription explicative. Il s’adressa pour le texte latin au baron de Vuoerden, et il pria La Fontaine, qui était son ami, de se charger des inscriptions françaises.
La galerie se composait de vingt-deux tableaux : La Fontaine n’avait composé que seize inscriptions, quand il mourut en 1695. Ces détails sont consignés dans les Mémoires inédits du baron de Vuoerden, que possède la bibliothèque de Cambrai. Outre les vers de La Fontaine, on y trouve deux lettres de Du Fresnoy, qui y ont rapport, et qui offrent des particularités curieuses sur ce dernier travail poétique de La Fontaine.
Voici seulement un extrait de la première de ces lettres au baron de Vuoerden.

« A Versailles, le 9 juin 1697

« Monsieur,
« Je n’ai pas oublié que vous m’avez demandé copie de ce que le pauvre feu M. de La Fontaine a fait pour ma galerie, en suite des belles inscriptions que vous avez eu la bonté de me donner; mais il m’a été impossible d’y satisfaire jusqu’ici : ce pauvre homme ayant voulu y retoucher, je n’ai pu recouvrer ce qu’il avoit fait, que depuis son décès, par l’entremise d’un de ses amis, qui a bien voulu prendre ce soin pour moi. Vous trouverez ci joint, monsieur, copie de ce qui m’est revenu, qui ne vous paroîtra ni de la force de Faliscebat sub bellorum pondere, etc., ni des autres inscriptions qui sont sorties de votre étude. Ce n’est pas que ce bon homme ne m’ait dit plusieurs fois que vos inscriptions lui avoient beaucoup servi à échauffer son génie, sans quoi il auroit eu peine de venir à bout de ce qu’il a fait…
« Du Fresnoy »

Inscriptions historiques.
  1. Inscription pour l’entrée de la galerie
  2. Prise de Tournai
  3. Prise de Douai
  4. Prise de Lille
  5. Conquêtes du Roi en Hollande
  6. Prise de Maestricht
  7. Prise de Besançon
  8. Prise de Dôle
  9. Prise de Limbourg
  10. Prise de Valencienne
  11. Prise de Cambrai
  12. Prise de Saint-Omer
  13. Prise de Gand
  14. Prise d’Ypres
  15. La paix de Nimègue

C’est donc là tout à fait un travail de la dernière heure. On peut voir, par les termes de commisération dont se sert le premier commis, en quel triste état devait se trouver La Fontaine, lorsqu’il tirait de sa veine épuisée ces épigraphes rimées que la mort l’empêcha de finir.

(Œuvres complètes de La Fontaine, Louis Moland, Garnier frères, 1872)

Image : Par atelier de Claude Lefèbvre

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