Saint-Marc Girardin et La Fontaine

Saint-Marc Girardin et La Fontaine

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Saint-Marc Girardin et La Fontaine :


« Personne, au dix-septième siècle, n’a mieux compris ou mieux exprimé le charme et la beauté de la grâce que La Fontaine. Avec cet heureux don qu’il avait de tout sentir et de tout aimer, La Fontaine a renouvelé l’apologue. L’apologue antique ne s’intéressait qu’au sens et à la moralité ; point au récit, point aux personnages. Il ne s’agissait que d’enseigner une vérité morale, et de l’enseigner d’une façon vive et spirituelle. Peu importait l’aventure, et peu les personnages. La Fontaine changea tout. Il se mit à se prendre d’intérêt pour les bêtes, pour les arbres, pour tout enfin; ou plutôt, il prit intérêt à l’homme, qui est le vrai héros de toutes ses fables sous des noms divers, tantôt loup et tantôt agneau, tantôt chien et tantôt renard, tantôt cerf et tantôt cheval, mois toujours homme, c’est-à-dire victime de ses fautes, et dupe de sa vanité.

« Ce qui me frappe dans La Fontaine, et dans le tour nouveau qu’il a donné à l’apologue, ce n’est pas seulement qu’il en a fait un conte et un drame, au lieu de le laisser ce qu’il était, je veux dire une moralité plus ou moins bien amenée; c’est le don vraiment merveilleux qu’il a d’animer la nature, de l’entendre, de la faire parler. L’entretien de La Fontaine avec les bois, les arbres, les eaux, avec toutes choses enfin, ce qu’il en entend, ce qu’il en répète, a quelque chose de profond et de mystérieux, sans que pourtant cet entretien cesse jamais d’être clair et aimable, sans que la pensée et le sentiment du poète aillent jamais se perdre dans la contemplation mystique et confuse des grandeurs de l’univers :

Oui, tout parle dans l’univers;
Il n’est rien qui n’ait son langage,

dit La Fontaine. Mais, selon les interprètes, ce langage est tantôt vague et confus, tantôt gracieux et élevé. »
(Saint-Marc Girardin.)

Marc Girardin, dit Saint-Marc Girardin, né le 12 février 1801 à Paris et mort le 11 avril 1873 à Morsang-sur-Seine, est un universitaire, critique littéraire et homme politique français.

Par Charles Reutlinger — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46519159

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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