Réponse de M. Maucroix

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Réponse de M. Maucroix


14 février 1695

Mon cher ami, la douleur que ta dernière lettre me cause est telle que tu te la dois imaginer. Mais en même temps je te dirai que j’ai bien de la consolation des dispositions chrétiennes où je te vois. Mon très cher, les plus justes ont besoin de la miséricorde de Dieu. Prends-y donc une entière confiance, et souviens-toi qu’il s’appelle le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. Invoque-le de tout ton cœur. Qu’est-ce qu’une véritable contrition ne peut obtenir de celte bonté infinie? Si Dieu te fait la grâce de te renvoyer la santé, j’espère que lu viendras passer avec moi les restes de ta vie, et souvent nous parlerons ensemble des miséricordes de Dieu. Cependant, si tu n’as pas la force de m’écrire, prie M. Racine de me rendre cet office de charité, le plus grand qu’il me puisse jamais rendre. Adieu, mon bon, mon ancien, et mon véritable ami. Que Dieu, par sa très grande bonté, prenne soin de la santé de ton corps et de celle de ton âme !

 

– Imprimée pour la première fois dans les Œuvres posthumes de M. de Maucroix éd. de 1710, in-12, p. 347. Pour les éclaircissements relatifs à cette lettre et à la précédente, ou doit consulter l’Histoire de lu vie et des ouvrages de La Fontaine, troisième édition, 1824, p. 548 à 558, et 577 à 582.

Walckenaer

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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