Réponse de M. Maucroix à La Fontaine

Réponse de M. Maucroix

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Réponse de M. Maucroix


14 février 1693.

Mon cher ami, la douleur que ta dernière lettre me cause est telle que tu te la dois imaginer. Maison même temps je te dirai que j’ai bien de la consolation des dispositions chrétiennes où je te vois. Mon très-cher, les plus justes ont besoin de la miséricorde de Dieu. Prends-y donc une entière confiance, et souviens-toi qu’il s’appelle le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. Invoque-le de tout ton cœur. Qu’est-ce qu’une véritable contrition ne peut obtenir de celle bonté infinie? Si Dieu te fait la grâce de te renvoyer la santé, j’espère que lu viendras passer avec moi les restes de ta vie, et souvent nous parlerons ensemble des miséricordes de Dieu. Cependant, si tu n’as pas la force de m’écrire, prie M. Racine de me rendre cet office de charité, le plus grand qu’il me puisse jamais rendre. Adieu, mon bon, mon ancien, et mon véritable ami. Que Dieu, par sa très-grande bonté, prenne soin de la santé de ton corps et de celle de ton âme!

Chez La Fontaine, la bonté du cœur n'excluait pas la malice de l'esprit; mais ce n'était pas contre les individus que s'exerçait cette malice; il s'attaquait à l'inépuisable fonds de la nature humaine, et c'est elle qui fournit ample matière aux types immortels qu'il a mis en scène.Alexandre Rodolphe Vinet

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