Passages tirés de Virgile

0 122

Passages tirés de Virgile, passages tirés de divers poètes


Traduction de divers passages de poètes anciens
Extraits de l’outrage intitulé : les Épistres de Sénèque.
Traductions des passages tirés de Virgile

I

O Melibœe, deus nobis haec otia fecit.
Bucol., I, v. 6.

C’est un dieu, Mélibée, à qui nous devons tous
Le bonheur de la paix et d’un repos si doux.
Je le tiendrai toujours pour un dieu…
C’est lui qui me permet de mener dans nos plaines
Ces bœufs et ces troupeaux, ces moutons porte-laines :
C’est par lui que je joue au pied de cet ormeau
Les chansons qu’il me plaît dessus mon chalumeau.

II

Et quid quaeque ferat regio, et quid quaeque recuset.
George I, v. 53.

Considérez du sol la nature secrète,
Ce qu’une terre vent, ce que l’autre rejette ;
Ce fonds est propre au blé, cette côte au raisin ;
L’herbe profite ici ; là le mil et le lin ;
Les arbres et les fruits croissent ailleurs sans peine ;
En ces lieux le safran du mont Tmole s’amène ;
On doit l’ivoire à l’Inde, aux Sabéens l’encens,
Aux Calybes le fer.

III.

Optima quaeque dies miseris mortalibus aevi
Georg.t III, v. 66.

La plus belle saison fuit toujours la première ;
Puis la foule des maux amène le chagrin,
Puis la triste vieillesse ; et puis l’heure dernière
Au malheur des mortels met la dernière main.

IV.

. . . Nulli subigebant arva coloni.
Ibid., I, V. 125.

Un homme étoit tenu pour injuste et méchant,
S’il plantoit une borne ou divisoit un champ.
Les biens étoient communs, et la terre féconde
Donnoit tout à foison dans l’enfance du monde.

V.

Continuo pecoris generosi pullus in arvis.
Ibid.,III, v. 75.

Un coursier généreux, bien fait, d’illustre race,
Des fleuves menaçants tente l’onde, et la passe :
Il craint peu les dangers, et moins encor le bruit ;
Aime à faire un passage à quiconque le suit ;
Va partout le premier, encourage la troupe :
Il a tête de cerf, larges flancs, large croupe,
Crins longs, corps en bon point: la trompette lui plaît :
Impatient du frein, inquiet, sans arrêt,
L’oreille lui roidit, il bat du pied la terre,
Ronfle, et ne semble plus respirer que la guerre.

VI.

……..O terque quaterque beati.
AEneid., I, v. 98.

……….O mille fois heureux
Le sort de ces Troyens hardis et généreux,
Qui défendant les murs de leur chère patrie,
Aux yeux de leurs parents immolèrent leur vie !

VII

Est lucos Silari circa ilicîbusque virentem.
George III, v. 146.

Auprès du mont Alburne, et du bois de Siler,
On voit par escadrons un insecte voler :
Il est craint des troupeaux ; au seul bruit de son aile
Ils semblent agités d’une fureur nouvelle :
Tout s’enfuit aux forêts sans prendre aucun repos.
Le nom de cet insecte chez les Grecs est astros,
Asilus parmi nous.

VIII

O, quam te memorem, virgo ? namque haud tibi vultus.
AEneid.t 1, v. 331.

Comment t’appellerai-je, en te rendant hommage,
Princesse ? car ton port, ta voix et ton visage
N’ont rien qui ne paroisse au-dessus des humains :
Mais quelle que tu sois, soulage nos chagrins.

IX.

Et me, que m dudum non ulla injecta movebant.
Ibid.,II,v.726.

Moi qui n’étois ému ni des armes lancées,
Ni des Grecs m’entourant de phalanges pressées,
Je tremble maintenant, et crains, au moindre bruit,
Pour celui que je porte, et celle qui me soit.

X

Prima hominis facies, et pulchro pectore virgo.
Aeneid., III, v. 426.

Son visage est de femme, et jusqu’à la ceinture
Elle en a les beautés et toute la figure :
Le reste, plein d’écailles, et d’un monstre marin :
Elle a ventre de loup, et finit en dauphin.

XI

……..Non ulla laborum.
Ibid., VI, v. 103.

O vierge ! je suis fait dès longtemps aux travaux ;
Je n’en trouverai point les visages nouveaux :
Je me suis des malheurs une image tracée ;
Et je les ai déjà vaincus par ma pensée.

XII.

Intratos ostro alipedes, pictisque tapetis.
Ibid., VII, v. 277.

Les chevaux sont couverts de housses d’écarlate,
Où l’or semé de fleurs et de perles éclate ;
Ils ont des colliers d’or sous la gorge pendants.
Et des mors d’or massif, qui sonnent sous leurs dents.

XIII

Fortunati ambo, si quid mea carmina possunt.
Ibid., IX, v. 446.

Couple heureux, si mes vers sont des ans respectés,
Vos noms ne mourront point par ma muse chantée :
Je les ferai durer tant que la destinée Rendra
Rome soumise aux descendants d’Enée,
Tant que ceux de son sang, par leurs honneurs divers,
Régneront sur ces murs, ces murs sur l’univers.

 

Image : CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=443813

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

Laisser un commentaire

Laissez un message, merci. Votre adresse email ne sera pas publiée.