Ode pour la Paix

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Ode pour la Paix


1659

Le noir démon des combats
Va quitter cette contrée ;
Nous reverrons ici-bas
Régner la déesse Astrée.

La paix, sœur du doux repos,
Et que Jules va conclure,
Fait déjà refleurir Vaux ;
Dont je tire un bon augure.

S’il tient ce qu’il a promis,
Et qu’un heureux mariage
Rende nos rois bons amis,
Je ne plains pas son voyage.

Le plus grand de mes souhaits
Est de voir, avant les roses,
L’infante avecque la paix ;
Car ce sont deux belles choses.

O paix, infante des cieux,
Toi que tout heur accompagne,
Viens vite embellir ces lieux
Avec l’infante d’Espagne.

Chasse des soldats gloutons
La troupe fière et hagarde
Qui mange tous mes moutons
Et bat celui qui les garde.

Délivre ce beau séjour
De leur brutale furie,
Et ne permets qu’à l’Amour
D’entrer dans la bergerie.

Fait qu’avecque le berger
On puisse voir la bergère
Qui coure d’un pied léger,
Qui danse sur la fougère,

Et qui, du berger tremblant
Voyant le peu de courage.
S’endorme ou fasse semblant
De s’endormir à l’ombrage.

O paix ! source de tout bien,
Viens enrichir cette terre,
Et fais qu’il n’y reste rien
Des images de la guerre.

Accorde à nos longs désirs
De plus douces destinées ;
Ramène-nous les plaisirs,
Absents depuis tant d’années.

Étouffe tous ces travaux,
Et leurs semences mortelles :
Que les plus grands de nos maux
Soient les rigueurs de nos belles ;

Et que nous passions les jours
Étendus sur l’herbe tendre,
Prêts à conter nos amours
A qui voudra les entendre.

 

– Madeleine Castille de vlllemareuil eut de Fouquet quatre enfants: une seule fille, mariée à Crussol d’Uzes, marquis de Monsalès ; trois fils,, Nicolas Fouquet, comte de Vaux, mort en 1705 ; Armand Fouquet, qui se fit oratorien ; Louis Fouquet, marquis de Belle-Île, qui fut le père du maréchal de Belle-Île.
– Sur la paix des Pyrénées qui se négociait alors. La paix des Pyrénées, qui se traitait, et qui n’était point encore conclue.

Walckenaer

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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