Notice : Madame Deshoulières

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Madame Deshoulières


Toi qui te plains d’Amour et de ses traits,
Dame chagrine, apaise tes regrets ;
Si quelque ingrat rend ton humeur bourrue,
Ne t’en prends point à l’enfant de Cypris ;
Cause il n’est pas de ta déconvenue :
Quand la dame est d’attraits assez pourvue,
On aime encor comme on aimait jadis.

Jean de La Fontaine, Ballade XI en réponse à la ballade de Mme Deshoulières.

 

Madame Deshoulières (Antoinette du Ligier de La Garde) naquit à Paris, en 1638, de Melchior du Ligier, seigneur de La Garde, chevalier de l’ordre du roi, et de Claudine Gaultier.

La nature avait pris plaisir à rassembler en mademoiselle de La Garde les agréments du corps et de l’esprit. Avide de s’instruire, elle forma très jeune la résolution d’étudier le latin, l’italien et l’espagnol, et, dans la suite, les auteurs les plus estimés de ces trois langues lui devinrent fami­liers. Son inclination pour la poésie se montra d’abord au plaisir qu’elle prenait à la lecture des vers. Ce fut d’Hes­nault qui lui fit apercevoir les talents qu’elle avait pour y réussir elle-même. Ses parents la marièrent, en 1651, à Guillaume de La Fon de Boisguérin, seigneur des Hou­lières, gentilhomme de Poitou. Elle mourut à Paris, le 17 février 1694, et fut inhumée, le 19 du même mois, dans l’église de Saint-Roch. Ses ouvrages peuvent être cités comme un modèle de la poésie facile. Son siècle, par pure galanterie sans doute, l’avait surnommée la dixième Muse et la Calliope française. Mme Deshoulières s’est essayée dans un genre qu’aurait dû lui interdire la nature de son talent ; heureusement qu’un succès obtenu au théâtre ne l’a pas abusée au point de lui faire suivre longtemps une carrière dans laquelle elle eût infailliblement com­promis la réputation qu’elle s’était acquise dans un genre beaucoup plus modeste.

Petits poètes français, depuis Malherbe jusqu’à nos jours, avec des notices biographiques et littéraires sur chacun d’eux – Firmin Didot, 1849.

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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