Madrigal V, au sujet du mariage de la fille

Madrigal V de La Fontaine

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Madrigal V de La Fontaine


au sujet du mariage de la fille de Madame La Maréchale d’Aumon avec M. de Mézière

1659

Belle d’Aumont, et vous Mézière,
Quand je regarde la manière
Dont vous vous mariez, l’un venant de la cour,
Et l’autre de Paris, ou bien de la frontière,
J’appelle votre hymen un impromptu d’amour.
Avec le temps vous en ferez bien d’autres,
Et nous en pourrons voir dans neuf mois, plus un jour
Un de votre façon qui vaudra tous les nôtres.

– Comme j’étois sur le point d’envoyer le terme de la Saint-Jean, l’on m’a mandé que M. de Mezière s’en venoit à Vaux en diligence, et que madame la maréchale d’Aumont y devoit aussi amener mademoiselle sa fille ; que là ils s’épouseroient aussitôt, et que ce mariage avoit été conclu si soudainement, que les parties ne se doutoient quasi pas du sujet de leur voyage. J’aurois bien voulu pouvoir témoigner, par quelque chose de poli, le zèle que j’ai pour les deux familles ; mais j’ai cru que l’épithalame ne devoit pas être plus prémédité que l’hyménée, et qu’il falloit que tout se sentit de la soudaineté avec laquelle monseigneur le surintendant entreprend et exécute la plupart des choses. Je me suis donc contenté d’ajouter au terme ce madrigal. (Note de La Fontaine.)

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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