La Lionne et l’Ourse, fable de La Fontaine

La Lionne et l’Ourse

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Mère Lionne avait perdu son faon.
Un chasseur l’avait pris. La pauvre infortunée
Poussait un tel rugissement
Que toute la forêt était importunée.
La nuit ni son obscurité,
Son silence et ses autres charmes,
De la Reine des bois n’arrêtait les vacarmes.
Nul animal n’était du sommeil visité.
L’Ourse enfin lui dit : Ma commère,
Un mot sans plus ; tous les enfants
Qui sont passés entre vos dents
N’avaient-ils ni père ni mère ?
Ils en avaient. S’il est ainsi,
Et qu’aucun de leur mort n’ait nos têtes rompues,
Si tant de mères se sont tues,
Que ne vous taisez-vous aussi ?
Moi me taire ? moi malheureuse !
Ah j’ai perdu mon fils ! Il me faudra traîner
Une vieillesse douloureuse.
Dites-moi, qui vous force à vous y condamner ?
Hélas ! c’est le destin qui me hait. Ces paroles
Ont été de tout temps en la bouche de tous.
Misérables humains, ceci s’adresse à vous :
Je n’entends résonner que des plaintes frivoles.
Quiconque en pareil cas se croit haï des Cieux,
Qu’il considère Hécube, il rendra grâce aux dieux.

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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