L’Homme et la Couleuvre, analyse

L'Homme et la Couleuvre commentée par de Louis Moland

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L’Homme et la Couleuvre  commentée par de Louis Moland :


Fable II. L’Homme et la Couleuvre.

L’origine de cet apologue est indienne. Voyez le Livre des lumières, ch. III, fable 3, et le Pantcha Tantra, traduit par l’abbé Dubois, Paris, 1826, p. 39 à 54.
Remarquez dans l’apologue indien l’intervention d’un autre personnage qui accentue bien plus vivement la conclusion. L’homme a sauve le serpent des flammes en lui tendant un sac au bout d’une perche. Il l’a laisse sortir du sac, et c’est alors que le serpent veut mordre son bienfaiteur. Au reproche que l’homme lui adresse, il répond qu’il ne fait que suivre les exemples que lui-môme lui donne, et propose d’en appeler au témoignage de la vache et de l’arbre. Ceux-ci répondent comme l’on sait. Mais le renard est consulté à son tour. Il se fait raconter l’aventure; il feint de mettre en doute que le serpent ait pu entrer dans un si petit sac et demande à voir cela de ses propres yeux. Le serpent, pour le convaincre, rentre dans le sac.Le renard dit alors à l’homme : « Tu es maître de la vie de ton ennemi ; sers-toi de cette occasion, ” L’homme ne se le fait pas dire deux fois et écrase le serpent contre une pierre. La leçon, comme on le voit, est digne des temps barbares. La moralité de La Fontaine : ” Parler de loin ou bien se taire, ” n’est guère meilleure; elle décèle une époque trop civilisée et exprime la prudence et la sagesse vile des courtisans.

 

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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