Lettres à Maucroix

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Lettres à Maucroix I


* Il faut que tu aies oublié quelque chose dans la copie, car ce qui est au crayon ne s’y rapporte pas. Du reste, j’ai corrigé cela, et je t’envoie une autre copie. J’aime mieux que tu me recueilles le tout.
J’ai un conte à te faire. Adieu.

De La Fontaine

 

Lettres à Maucroix II

** Mets cette fable dans ton Recueil et fais-en ton profit. Je ne te manderai pas mon sentiment sur tes derniers vers, qui m’ont édifié. Si tout le reste y ressemble, je donnerai de bien loin la palme à tes Homélies sur tes vers dignes du paganisme. Quant à tes deux dernières épigrammes, j’en donnerois le choix pour une épingle.
Adieu. J’ai trois autres fables sur le chantier. J’ai refait le Gland et la Citrouille.

De la Fontaine

 

* Ce billet est écrit au verso de la fable : la Mouche et la Fourmi (liv. IV, 3), adressée : « A mon ami Maucroix. »
** Ce billet est écrit au-dessous de la fable : L’Huître et les Plaideurs (liv. IX, 9), que La Fontaine envoyait à Maucroix.

(Paul Lacroix, Conservateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. Œuvres inédites de J. de La Fontaine: avec diverses pièces en vers et en prose qui lui ont été attribuées – L. Hachette et Cie., 1863)

(Paul Lacroix)


Anecdote :

la-mouche-et-la-fourmi-jjgrandvilleLa Fontaine ne fit jamais une fable sans la lui communiquer (Maucroix), et souvent il en recommença d’après ses avis. On l’a su par quelques-uns de ses autographes retrouvés dans ces derniers temps. Il lui écri­vit, par exemple, au verso de la copie du conte La jeune Veuve, dont il fit plus tard une fable (liv. VI, fable 21), et qu’il avait remis sur le métier, après l’avoir consulté : « En voicy encore, et je n’y trouve plus rien à changer ; il ne me semble pas que je doive me rendre à tes scrupules, ma veuve est égale­ment sincère dans ses deux estais, adieu. De La Fontaine. » Ce billet curieux fut vendu le 20 novembre 1860, à la vente de la belle collection d’autographes de M. de La Jarriette. D’après un autre, écrit en­core à Maucroix, sur le verso d’une copie de la fable La Mouche et la Fourmi (liv. IV, fable 3), il sem­blerait que c’est son ami qu’il chargeait de recueillir ce qu’il faisait, craignant sans doute lui-même de l’égarer pièce à pièce : « Je t’envoie, lui dit-il, une autre copie, j’aime mieux que tu me recueilles le tout. »
(Oeuvre de Jean de La Fontaine par Edouard Fournier – Paris Laplace, Sanchez et cie. Libraire-éditeur – 1877)

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On vous recommande : l'Art de lire les fables

C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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