Lettre de La Fontaine à M. Maucroix

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Lettre * de La Fontaine à M. Maucroix


Ce samedi matin, (septembre1662)

Je ne puis te rien dire de ce que tu m’as écrit sur mes affaires, mon cher ami ; elles me touchent ** pas tant que le malheur qui vient d’arriver au surintendant. Il est arrêté, et le roi est violent contre lui, au point qu’il dit avoir entre les mains des pièces qui le feront pendre. Ah ! s’il le fait, il sera autrement cruel que ses ennemis, d’autant qu’il n’a pas, comme eux, intérêt d’être injuste. Mme de B. a reçu un billet où on lui mande qu’on a de l’inquiétude pour M. Pellisson : si ça est, c’est encore un grand surcroît de malheur. Adieu, mon cher ami ; t’en dirais beaucoup davantage si j’avais l’esprit tranquille présentement ; mais, la prochaine fois, je me dédommagerai pour aujourd’hui.

Feriunt summos fulmina montes.

septembre1662.

Notes de Charles A. Walckenaer :

*  Nous possédons l’autographe de ce billet. II n’a jamais été imprimé, et cette édition sera la première où il se trouvera inséré.
– Cette date, entre parenthèses, a été ajoutée par nous ; mais elle est certaine, puisque Fouquet fut arrêté à Nantes le 5 sep­tembre 1662.
** Elles me touchent, pour elles ne me touchent. Un exemple semblable de la suppression de la négative se trouve dans la lettre à Champeneslé, ci-après, p. 493.
– Madame de Bellière (Duplessis), l’amie et la confidente de Fouquet. Voyez dans les Mémoires de Conrart, publics par M. Monmerqué, une lettre, en date du 19 septembre 1662, qu’elle écrivit à cette époque à Pomponne, t. XLVIII, p. 259.
(Œuvres de Jean de La Fontaine, Charles A. Walckenaer – Lefèvre, 1823)

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