Lettre à P. Bouhours

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Lettre à P. Bouhours *


  Paris, novembre ou décembre 1687.

Mon révérend Père, sans un rhumatisme qui m’empêche presque de marcher et d’aller plus loin que la rue Saint-Honoré, j’aurois été vous remercier du plaisir que m’ont fait vos Dialogues: tout y est bien remarqué et d’un goût exquis; tout y est parfaitement écrit, car vous êtes un de nos maîtres. Madame de La Sablière est aussi satisfaite de cet ouvrage. Votre traduction sur les Quiétistes est aussi de bonne main, mais j’aurois voulu que vous eussiez employé votre talent sur une autre matière que celle-là, et ayant un autre original. Une chose qui est tout à fait de mon goût, simplement et élégamment écrit et avec beaucoup de jugement, c’est l’éloge que vous avez fait du pauvre P. Rapin. Cela me plaît fort. Je suis, mon révérend Père, votre humble et très-obéissant serviteur.

De La Fontaine.

 

* Cette lettre est bien loin d’être inédite, puisqu’elle a paru dans la plupart des éditions des œuvres complètes de La Fontaine, depuis l’édition compacte de 1836, où Walckenaer l’avait fait entrer pour la première fois; mais, comme nous l’avons dit, notre but étant de faire de notre volume le complément de la belle édition de 1827, qui est encore la plus complète de toutes, puisqu’on y trouve diverses pièces que Walckenaer a supprimées depuis par un excès de scrupule ou de défiance, nous croyons devoir réimprimer ici cette lettre, dont l’original autographe appartenait au savant bibliophile Parison, lorsqu’elle fut reproduite en fac-similé dans l’Isographie. (Paul Lacroix, Conservateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. (Œuvres inédites de J. de La Fontaine: avec diverses pièces en vers et en prose qui lui ont été attribuées – L. Hachette et Cie., 1863)

(Paul Lacroix)

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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