Lettre à M. Bafoy

Lettre à M. Bafoy

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Lettre à M. Bafoy


Intendant des affaires de son Altesse Monseigneur le Duc de Bouillon, à Paris.

A Reims, ce 1er septembre 1666.

Monsieur,

Voici le temps de faire nos rentes venus. Nous avons sursis l’exploitation de celles de l’an passé, par déférence aux volontés de son altesse, et à ce que son conseil avoit exigé de nous. Ainsi il y a tantôt deux ans que nous ne touchons rien de nos charges. Je m’adresse à vous plutôt qu’à pas un autre, sachant que vous êtes pour la justice, et vous supplie, en mon particulier, et au nom de tous les officiers, de considérer qu’il n’y en a pas un de nous qui puisse ainsi attendre la jouissance de son revenu sans une extrême incommodité. Je ne crois pas que son altesse veuille que des gens qui ont eu assez de respect pour ne se pas vouloir servir de leurs arrêts soient réduits à ne pouvoir subsister, ni qu’elle veuille que nous soyons plus malheureux que tous ses autres sujets. Je vous prie, monsieur, de faire savoir à M. de Vivaretz Tordre que le conseil de son altesse prétend y mettre. Quoi qu’il arrive, je serai toujours,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,

De La Fontaine..

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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