Les deux Mulets, Jean de La Fontaine

Les deux Mulets, Jean de La Fontaine

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Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup* en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé*,
Et faisait sonner sa sonnette* :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc* une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
“Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
– Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. “

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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