Les deux Amis

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D’Hervart et La Fontaine

L’amitié véritable est simple et confiante,
Forte de dévouement, sans cesse vigilante,
Devine nos désirs ayant qu’ils soient éclos,
Et par ses soins constants fonde notre repos.
Qui mieux que le bon La Fontaine ;
Connut le prix de l’amitié ;
Ce charme de la vie humaine,
Besoin d’un cœur privilégié ?
D’un mot le spirituel sage
S’ouvre à nous tout entier ; mot naïf et charmant,
Entre deux vrais amis le plus excellent gage.

La Sablière, cœur sorti du firmament,
Venait de remonter à la voûte éternelle,
Lafontaine pleurait sur sa cendre mortelle…
Après le court instant de l’éternel adieu
Montrant notre néant et la grandeur de Dieu….
D’Hervart, un sage aussi, digne de La Fontaine,
Accourt alors vers lui : « Je ressens votre peine »
Lui dit-il, tout tremblant d’un généreux émoi ;
« Vous aviez chez la Sablière
» Une demeure hospitalière,
« Elle n’est plus.,.. Venez chez moi, »
» J’y allais » — reprit La Fontaine.
J’y allais !… De ce mot la bonhomie entraîne.
Ce simple j’y allais ! ce n’est rien, et c’est tout.
Il sculpte ces deux caractères
Et sur un piédestal il les dresse debout
Tout éblouissants de lumières.

Camille Viala

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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