L’éloge de La Fontaine par Gabriel-Henri Gaillard

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gabriel-Henri Gaillard, né le 26 mars 1726 à Ostel et mort le 13 février 1806 à Vineuil-Saint-Firmin est un avocat, grammairien, critique littéraire et historien français. 

L’académie de Marseille avait mis au concours pour l’année 1774 l’éloge de La Fontaine. Trois mémoires diversement remarquables furent distingués par l’académie : elle décerna le prix à celui de Chamfort et des accessits à La Harpe et à Gaillard. Ces trois ouvrages sont devenus publics. Le premier a été plusieurs fois imprimé, le second a été fondu dans le Cours de Littérature, et le troisième se trouve en tête des Eudes sur la Fontaine (Paris, 1812) dont l’auteur est M. Solvet »

Partie I et II


L’éloge de La Fontaine par Gabriel-Henri Gaillard

Notre premier éloge est dû à ceux qui nous proposent de célébrer La Fontaine. La capitale, messieurs, vous enviera ce sujet. Elle a pu balancer entre La Fontaine et Molière ; Molière a eu la préférence : La Fontaine aurait pu l’avoir. Entre de tels hommes, on ne peut se tromper : l’un et l’autre choix eût pu paraitre le meilleur.
Paris n’a donc point à se reprocher d’avoir négligé un homme illustre qui lui appartenait particulièrement ; mais il applaudit au noble empressement qui, des bords de la Méditerranée, vous fait chercher pour l’objet de votre hommage un poète né sur les rives de la Marne. Loin d’ici les vues étroites et exclusives ! loin ce zèle glacé qu’arrêtent les bornes d’une province ou celles même des empires ! La république des lettres est partout ; l’homme de génie appartient à l’univers. Proposer l’éloge de La Fontaine, était un droit acquis à toute société littéraire, ou plutôt c’était le devoir de toutes : heureuse celle qui a pu le remplir la première !
Heureux aussi, quoi qu’il soit, Messieurs, ce zélateur du génie, cet homme respectable à ce seul titre, qui s’associe à votre gloire, qui veut que la couronne que vous allez déférer soit autant au-dessus des autres couronnes que le sujet est au-dessus des autres sujets ! Puisse le génie de La Fontaine lui être transmis ! c’est la seule récompense digne d’un homme si sensible à la gloire des talents.
Puisse aussi quelque étincelle de ce génie facile et heureux, animer aujourd’hui ses panégyristes ! Puissions-nous le louer comme il louait lui-même les Sévigné, les Harvey, les La Sablière ! Pussions-nous lui dérober
Son art de plaire et de n’y penser pas !
Hélas ! tous nos panégyriques vaudront-ils jamais ce témoignage que deux hommes uniques se rendaient l’un à l’autre dans la simplicité de leur cœur, et dans la familiarité de la conversation ? Molière est mon homme, disait La Fontaine. Ne nous moquons pas du bonhomme, disait Molière, il vivra peut-être plus que nous tous). Divins génies ! vous vivrez éternellement l’un et l’autre ; chacun de vous est l’homme de tous les temps, de tous les lieux, de tous les âges, de tous les caractères.
Le bonhomme ! que ce titre ne nous échappe pas : il caractérise La Fontaine ; il suffirait seul à l’éloge d’un grand homme. Descartes et Corneille eurent aussi cette bonhomie : elle est sublime quand elle est jointe au génie.
On a trop regardé La Fontaine comme inférieur à ses œuvres, et peu digne, personnellement d’attention et de curiosité. Considérons séparément et la personne et les ouvrages : ce sera la division naturelle de ce discours ; ou plutôt, nous ne considérerons La Fontaine que dans ses ouvrages, mais nous les observerons d’abord comme miroirs de son âme, comme expression fit développement de son caractère ; nous les considérerons ensuite en eux-mêmes et indépendamment de ce rapport.

PREMIÈRE PARTIE.

Tout écrivain qui a un caractère, se peint dans ses ouvrages ; on l’y voit, on l’y entend ; on y voit même si l’auteur est sans caractère, et s’il n’a qu’une âme d’emprunt : ses idées, alors, sont répétées, ses sentiments sont factices, sou style est sans couleur et sans vie ; on n’éprouve rien en le lisant, on ne le relit point, il est oublié. La Fontaine plaît à tous les ordres de lecteurs, il amuse l’esprit des ignorants, et nourrit la raison des philosophes ; l’enfance le distingue de tous ces livres qui font le tourment de cet âge ; elle l’aime avant même de l’entendre. Dans l’âge mûr, jamais on ne s’est proposé de le lire, et on le sait par cœur, parce qu’on le relit sans cesse, en croyant ne faire que le parcourir. D’où lui vient cet attrait que rien n’affaiblit ? De ce que l’âme de l’auteur est répandue dans tout ce qu’il écrit, et de ce que celte âme est celle d’un enfant. L’innocence avec tous ses charmes, la naïveté avec toutes ses grâces, environnent le lecteur, l’attachent le pénètrent ; il ne lit point, il n’étudie point : il suit il est entraîné ; l’auteur l’était lui-même.
Un écrivain ordinaire arrange un plan, médite un sujet, l’approfondit ; et s’il parvient à s’en rendre le maître, c’est le plus grand éloge où il puisse prétendre. Le mérite de La Fontaine est d’être maîtrisé par son sujet ; la pensée le subjugue, il s’égare, et s’endort dans une douce rêverie ; il s’endort, et son génie veille. Celle inspiration des poètes, tant célébrée par eux, n’a jamais été si réelle que chez La Fontaine ; mais on n’est inspiré que selon son caractère : l’inspiration de La Fontaine n’est point la fureur des Ménades, ni l’agitation pénible d’une Pythonisse échevelée qui ébranle de ses cris les voûtes du temple, et voudrait arracher de sou sein le Dieu qui l’oppresse. Cette inspiration est douce ; elle n’entraîne que parce qu’elle séduit : elle est comme cet intérêt naïf qui force un enfant à vous faire part de ses idées naissantes et des premiers mouvements de son âme.
Voulez-vous voir comment La Fontaine était inspiré ? Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre : ils se séparent, ils se rejoignent, après avoir éprouvé, l’un mille malheurs et mille périls, l’autre tous les tourments de l’absence. Le poète avertit les amants de ne se jamais séparer, de se tenir lieu de tout. Des amants ! des amours ! J’ai quelquefois aimé : le voilà entraîné par le torrent ; le voilà qui s’égare dans le souvenir de ses amours ; le voilà qui s’enivre de tendresse et de regrets.

Hélas ! quand reviendront de semblables moments !…
Ai-je passé le temps d’aimer !
La vérité de ses sentiments, la douceur de ses accents, cette mélodie amoureuse et tendre, ont passé dans votre âme : c’est vous qui regrettez vos erreurs, qui rappelez le bonheur d’aimer ; c’est votre histoire qu’il vous a contée ; c’est votre cœur qu’il a mis sous vos yeux.
C’est ainsi que, guidé par un instinct plus sûr que les règles, et docile à sou génie, qui n’est jamais que son penchant, il répand presqu’au hasard le sentiment, l’intérêt.
Et la grâce, plus belle encor que la beauté.
Car il semble que ce vers charmant ait été l’ait pour caractériser ses aimables et irrégulières productions. Point de travail, jamais d’effort ; il ne compose point, il cause, il joue, il badine avec le lecteur ; il se cite, il se met en jeu, et on lui en sait gré. L’égoïsme, qui, annonçant un esprit trop plein de soi-même, déplaît dans tant d’écrivains, et qu’on a blâmé même dans Montaigne, où il est souvent si agréable, est un charme nouveau chez La Fontaine, parce qu’il est toujours placé, parce que, sans offrir aucune idée d’orgueil et de personnalité, il anime sa conversation et rend l’intérêt plus direct. La Fontaine ne songe ni à sa gloire, ni à votre suffrage : il sent et il peint, voilà tout.
Si un mot vient à réveiller quelques-unes de ses idées favorites, il s’y livre sans réserve, il oublie son sujet, il vous le fait oublier, il vous emporte avec lui dans ses excursions sur l’amour, sur les charmes de la retraite, sur l’âme des bêtes, sur l’astrologie judiciaire, etc.
De cette facilité à recevoir des impressions naît le talent d’en produire : de là cette vérité magique du style, cette abondance d’images, cette vivacité de pinceau ; et toujours la couleur propre à chaque objet, et toujours le ton de la chose.
De là ces prologues et ces épilogues quelquefois plus longs que l’ouvrage, et jamais longs, parce qu’ils sont toujours pleins ; de là cet enjouement si fin, si vrai, si soutenu, si sûrement communiqué, la plus forte critique de l’ignoble burlesque, dont les grimaces révoltent, lors même qu’elles font rire ; de là ces piquantes négligences, qui, si elles excluent l’idée de la perfection, la remplacent et en dédommagent.
Cette légèreté, qui naît de l’empire même que tous les objets exerçaient tour-à-tour sur ce poète sensible, cet abandon, cet oubli de lui-même, sont l’image de sa conduite ; la simplicité, la vérité de son style, est le portrait le plus fidèle de son âme. Voulez-vous connaitre ses goûts ? parcourez ses ouvrages- Qu’y verrez-vous partout ? L’amour de la paix, de l’indépendance, de l’inaction ; le goût des lettres, tomme jouissance, non comme élude ; l’éloge du repos, du sommeil, de l’amour, de l’amitié ; la molle incurie, l’épicurisme d’Horace ; cette aimable indulgence pour les fautes et les faiblesses, la première des qualités sociales, l’indifférence pour la fortune, l’horreur pour l’intrigue, le mépris pour l’ambition, …
L’horreur ! le mépris ! non ; distinguons mieux les nuances ; ces sentiments étaient trop forts pour son âme, ils l’eussent troublée : elle était douce et sans fierté ; elle ne haïssait rien, elle ne méprisait rien. Seulement elle ne concevait pas l’intrigue, et l’ambition n’allait pas jusqu’à elle ; ces passions actives et turbulentes effrayaient sa paresse.
Par un effet de cette même paresse, il avait longtemps négligé d’essayer ses forces ; il n’avait lu aucun poète, il avait ignoré qu’il le fut. Malherbe le lui apprit. Une ode de cet harmonieux écrivain, lue par hasard devant La Fontaine, fut pour lui comme ce bouclier magique h l’aspect duquel Renaud, étonné, se reconnait, rougit de sa mollesse, et vole à la gloire. La Fontaine crut se retrouver dans Malherbe ; bientôt il se retrouva plus pleinement dans Virgile et dans Horace : ce fut alors proprement que naquit La Fontaine,
Une femme, que son caractère rapprochait de lui, mais que son rang appelait à la cour, vit un jour, en partant pour Versailles, La Fontaine assis et rêvant sous un arbre : à son retour, elle le trouva au même lieu et dans la même situation ; il ne la vit pas, il ne voyait rien : elle respecta sa rêverie, Elle venait de voir des personnages moins tranquilles et moins distraits ; mais leur activité avait peut-être été inutile ou funeste aux autres et à eux-mêmes ; l’immobile La Fontaine avait été heureux , et les fruits de son repos font aujourd’hui les délices du monde.
Rappelons-nous cette charmante Fable : l’Homme qui court après la fortune, et l’Homme qui l’attend dans son lit. Les Ardélions de Versailles sont représentés par le premier, le second est La Fontaine, excepté qu’il n’attendait pas même la Fortune : cette attente eût été un désir.
Eh ! qu’eût-il fait de la fortune, lui, pour qui le faible patrimoine qu’il avait eu en partage était un fardeau qu’il s’empressa de déposer ; lui qui ne sut jamais gouverner ni ses biens, ni sa personne, et qui ne crut jouir de lui-même que quand, délivré de tout soin domestique par ses amis, il put s’abandonner tout entier à ses amusements, à ses rêveries, à ses distractions ? Eh ! plût à Dieu que tout homme de génie, tout homme de lettres, placé ainsi au-dessus des atteintes de la pauvreté, au-dessous des espérances de la fortune, fût tout entier à son talent, et ne pût en être détourné ni par les inquiétudes du besoin, ni par les agitations de la cupidité, ni par les soins importuns de l’économie !
S’il faut subir le joug des bienfaits, il faut pouvoir aimer et respecter la main qui l’impose. La Fontaine sut choisir ses bienfaiteurs. M. le duc de Bourgogne, les princes de Conti et de Vendôme furent ses protecteurs ; la célèbre Hortense l’appela en Angleterre, la duchesse de Bouillon lui fit du bien en France. Mais ses véritables bienfaitrices, qui s’étaient immortelles à ce seul titre, ce sont celles qui le débarrassèrent de lui-même : c’est madame de la Sablière, à qui succéda madame d’Hervart. Les bienfaits d’une amie aimable empruntent de son sexe et de ses grâces, je ne sais quel air de faveur, qui en double le prix aux yeux d’un homme délicat et sensible ; les tributs de reconnaissance dus à la bienfaitrice, se confondant avec les hommages volontaires qu’on rend si naturellement à la femme aimable, ne coûtent rien, et s’acquittent d’eux-mêmes.
Après la mort de madame de la Sablière, M. d’Hervart vint réclamer, au nom de sa femme, le droit d’offrir un asile à son ami. On sait h réponse de La Fontaine : j’y allais, mot sublime, mot digne de ce temps et de ce pays, où un testateur léguait à son ami ses enfants à nourrir et à doter, et mourrait dans la douce certitude que cette noble confiance ne s’était point trompée.
Parmi les bienfaiteurs de La Fontaine, oublierons-nous l’infortuné Fouquet ! C’est pour la gloire de La Fontaine qu’il faut s’en souvenir. Que Fouquet, dispensateur des grâces d’un grand roi qui voulait encourager les talents, ait fait tomber ces grâce sur La Fontaine, quel meilleur choix pouvait-il faire ? comment pouvait-il remplir plus digne meut les vues de son maître ? Mais ne nous laissons point de publier, à la gloire éternelle des lettres, que Fouquet, abandonné par les courtisans, auxquels il avait prodigué les trésors de l’état, ne conserva de défenseurs et de vrais amis, dans sa prison, que Pélisson et La Fontaine ; ajoutons-y madame de Sévigné, dont la gloire n’est point étrangère à la littérature. La Fontaine voulut employer, pointa défense de son ami, ces mêmes talents que Fouquet avait récompensés ; il voulut faire pour lui ce que Cicéron avait fait pour Ligarius et pour Marcellus : il crut que les accents d’une poésie touchante pourraient fléchir un monarque irrité ; il crut que Louis XIV pourront vouloir disputer de clémence avec César ; il poussa le courage de la reconnaissance et de l’amitié jusqu’à déplaire à ce roi redoutable, et surtout aux nouveaux dépositaires de son autorité. On connait cette noble et attendrissante élégie sur la disgrâce d’Oronte. La Fontaine y peint, avec sa vérité ordinaire, cette erreur commune à tous les favoris, l’erreur de croire qu’il était réservé à eux seuls d’arrêter la roue de la Fortune, et de fixer l’instabilité de la faveur.
Le plus sage s’endort sur la foi des Zéphirs.
L’ouvrage finit par ce vers, qui suffirait pour faire aimer l’auteur :
Et c’est être innocent, que d’être malheureux.
Pour rendre ses instances efficaces, La Fontaine les concertait avec Fouquet ; il lui faisait parvenir ses ouvrages avant de les présenter. Cependant une lettre de La Fontaine lui-même nous apprend avec quelle rigueur on tenait Fouquet séparé de tout commerce humain, et dans quelle triste ignorance des événements publics vivait ce ministre, qui, deux ans auparavant, avait eu dans ses mains le sort de la France. Le poète invitait le roi à détourner sa colère d’un sujet assez puni par l’horreur de sa chute et par deux ans de prison ; il offrait à ce courroux d’un grand roi, une plus vaste et plus noble matière ; « Va, lui disait-il, réprimer l’orgueil de « Rome, et châtier le Tibre qui t’ose braver. Ce zèle contre Rome étonna Fouquet ; il prit cette allusion aux affaires de l’Europe pour une déclamation téméraire et déplacée : l’aventure des Corses, l’insulte faite au duc de Créquy, la saisie d’Avignon déjà ordonnée, étaient des événements qui n’existaient pas pour lui.
La Fontaine suit dans l’exil un de ses parents, enveloppé dans la disgrâce du surintendant. Arrivé à Amboise, il promène ses regards, du haut du château, sur ce beau fleuve et sur ces riches coteaux : une mélancolie douce s’empare de son âme ; bientôt un souvenir douloureux vient l’affliger : « Fouquet, prisonnier dans ce même château, n’a pas joui de cette vue. Au retour de ce voyage de Nantes, où il était allé en triomphe, après avoir reçu chez lui son maître avec une magnificence royale, il passa ici, traîné par des satellites, couvert d’opprobres, accablé de rigueurs. La vigilance cruelle de ses gardes lui interdisait jusqu’à la clarté des cieux, jusqu’au spectacle de la nature : on lui enviait ces faibles consolations que la distraction des sens et la variété fugitive des objets peuvent porter à la superficie de l’âme. Son sort n’est point changé il souffre les mêmes maux dans un séjour plus triste ; sa vie est encore menacée. » A celte idée, le poète s’émeut, il laisse couler de sa Muse attendrie ces tristes et faciles accents, qui peignent la situation du malheureux Fouquet :
Jours sans soleil,
Nuits sans sommeil ;
Quelque peu d’air pour toute grâce, etc.
Mais parmi ces tendres gémissements sur la disgrâce d’un ami, jamais il n’échappe une plainte, un trait de colère ou d’aigreur contre les auteurs de cette disgrâce, pas même dans les écrits qui n’étaient point destinés à voir le jour. Madame de Sévigné avait eu moins de modération : elle éclate partout, dans ses lettres, contre les ennemis de Fouquet,
Toujours un peu de faste entre parmi les pleurs,
dit La Fontaine lui-même. N’en pourrait-on pas dire autant de ces grandes démonstrations de tendresse pour un ministre disgracié ? N’y entre-t-il pas toujours un peu d’animosité contre ses heureux rivaux ; et ce zèle aurait-il tant de chaleur, s’il n’était enflammé par la haine ? La Fontaine seul ne sait qu’aimer, et ne sait point haïr.
Tous ses sentiments sont doux, tous ses tableaux sont riants ou tendres. Il plaint les malheurs, il rit des faiblesses ; il peint les vertus, la volupté, les grâces, jamais les furies. Si l’enjouement l’abandonne, c’est pour le livrer à la tendresse : enjouement et tendresse, voilà ce que vous trouverez toujours dans son âme et dans ses écrits-Mais ces deux caractères, si différents, ne sont pas également aperçus dans La Fontaine. Son enjouement n’échappe à personne ; le vulgaire saisit moins le caractère de tendresse ; et c’est presque un paradoxe, nue d’annoncer La Fontaine comme un auteur quelquefois touchant. J’atteste cependant, outre ces ouvrages où il console et défend Fouquet, une foule de traits semés dans ces petits poèmes qui ne sont proprement ni fables ni contes : Philémon et Baucis, les Filles de Minée, Adonis ; surtout les regrets de Vénus sur la mort de cet amant, et ce vers plein de sentiment :
Mon amour n’a donc pu te faire aimer la vie !
J’atteste, dans Psyché, tant de morceaux pathétiques surtout ce moment où Psyché est déchue de sa gloire et tombée dans la disgrâce de son époux. Les nymphes qui la servaient autrefois avec tant de respect, viennent encore par pitié lui offrir leurs services ; Psyché, pour toute l’épouse, se jette à leurs pieds et les arrose de larmes. Voyez en ce moment l’Amour, éperdu, prêt a se jeter aux siens ; l’Amour, dont elle se croyait oubliée, mais qui ne voulait que l’éprouver, qui, invisible et présent, veillait sur elle du haut des cieux, et voyait ce grand abaissement de sa femme et de son amante. Connaît-on beaucoup de situations plus touchantes, de mouvements dramatiques d’une plus grande expression et d’un plus grand effet ?
Je trouverais des exemples du genre touchant dans ses Fables mêmes, si célèbres par l’enjouement. Philomèle et Progné, les deux Pigeons, les deux Amis, l’Oiseau blessé d’une flèche, le Vieillard et les trois jeunes Hommes, etc., sont de ce genre.
J’en trouverais des exemples jusque dans ce livre consacré à la gaîté, à la licence, si l’on veut. Quoi de plus décent, de plus noble, de plus naturel, de plus passionné que le discours de Clitie à Frédéric, dans le conte du Faucon ? A quelques nuances dramatiques près, c’est Andromaque demandant à Pyrrhus la vie d’Astyanax. Voyez le désespoir de cet amant qui vient de servir à sa souveraine l’oiseau qu’elle lui demande pour sauver la vie à son fils :
Plût à Dieu vous avoir servi mon cœur !
Que c’est bien là le cri de l’amour, l’expression naïve de la douleur et de la tendresse ! A ce seul mot on se sent le cœur pressé, les yeux humides.
Dans la Coupe enchantée, quand l’imprudent et malheureux Damon, déguisé sous les traits d’Eraste , a réduit Caliste à balancer entre son devoir et des offres séduisantes, et qu’il reparaît sous sa propre figure, au lieu des emportements que la colère et la jalousie pouvaient inspirer, quelle douceur touchante dans ses reproches, qui n’en ont que plus de force !
Ah ! Caliste, autrefois de Damon si chérie,
Caliste, que j’aimais cent fois plus que ma vie,
Caliste, qui m’aima d”une ardente amitié.
L’argent t’est-il plus cher qu’une union si belle ?…
……… Je t’aime encor toute infideIle :
Ma mort seule expira le tort que tu m’as fait.

Le doux, le galant Ovide, dans une situation pareille, avait donne à Céphale une jalousie plus emportée.
Pourquoi donc ce caractère de tendresse a-t-il été si peu remarqué dans La Fontaine ?
C’est, 1°. que l’enjouement y domine, et paraît former le caractère principal de ce poète.
C’est, 2°. que ces deux caractères si différents semblent se confondre dans un autre qui les rapproche et les réunit, en s’appliquant également à tous les deux ; ce troisième caractère, qui sert de lien aux deux autres, est la naïveté, qui ne quitte jamais La Fontaine, et qui est l’image et le fruit de la candeur de son âme.
Cette même naïveté, appliquée à la conduite, aux détails de la vie, et jointe à des distractions fortes et fréquentes, est sans doute ce qui a tant fait exagérer la prétendue stupidité de La Fontaine. On a fait de sa vie un recueil de traits burlesques ; on aime à donner du ridicule à un homme supérieur : c’est la vengeance de la médiocrité ; et nous dédaignerions ces traditions hasardées, si elles n’avoient en leur faveur quelques suffrages respectables.
Que madame de la Sablière comptât La Fontaine parmi ses animaux domestiques, parce qu’il faisait tout par instinct comme eux ; que la duchesse de Bouillon e comparât à un arbre qui produit d’excellents fruits, sans savoir ce qu’il fait ; ces plaisanteries de société ne prouvent rien : mais que La Bruyère nous le représente comme absolument inhabile a la conversation, comme incapable de rendre compte de ce qu’il venait de voir, on doit en être surpris. Par quelle fatalité cet homme singulier n’aurait-il pu causer qu’avec son lecteur ?
La bagatelle, la science,
Les chimères, le rien, tout est bon : je soutiens
Qu’il faut de tout aux entretiens.
C’est un parterre où Flore épand ses biens.
Sur différentes fleurs l’abeille se repose,
Et fait du miel de toute chose.

Comment le poète qui a si bien décrit l’art de converser, et dont tous les ouvrages sont une pratique continuelle et un modèle exquis de cet art, aurait-il été si étranger à cet art ? Comment concevoir que cette imagination, si prompte à recevoir des impressions, si heureuse à les rendre, l’abandonnât dans la société ? Ces objets qu’il avait vus, et dont il ne pouvait rendre compte, l’avoient donc bien peu frappé !
II avait des distractions. Monde frivole ! vous ne les pardonnez pas ; vous voulez qu’on se remplisse profondément des bagatelles qui vous agitent aujourd’hui, et dont vous ne vous souviendrez pas demain ; qu’on se pénètre de vos petits intérêts, de vos petites pussions, de vos querelles politiques, de vos querelles littéraires ; qu’on écoute les arrêts que vous croyez porter sur les arts que vous ne connaissez pas, et sur les fruits du génie que vous ne savez pas même respecter. La Fontaine, en vous entendant, se taisait et rêvait : ses distractions : vous faisaient justice, et peut-être grâce.
Depuis que le monde, c’est-à-dire la société des gens oisifs, a cessé d’être un délassement, et est devenu la principale et presque l’unique affaire ; depuis que la Vanité des gens du monde et celle des gens de lettres mêmes, y a fait admettre ces derniers, on a souvent répété qu’ils n’y avoient pas porté tout l’éclat et tout l’agrément que leurs talents semblaient promettre. Ne serait-ce pas plutôt à la littérature à se plaindre qu’ils aient dégénérés dans le monde ? La première chose qu’on y exige d’eux, est qu’ils cessent d’être eux-mêmes.
La première loi de ce qu’on appelle la société, est d’être comme tout le monde, c’est-à-dire, de n’être rien. La Fontaine était lui-même, et cependant il plaisait par sa modération, sa douceur, peut-être par cette taciturnité même qu’on lui reprochait, mais qui laissait briller tous les petits talents. Chacun croyait être supérieur à lui ; cette erreur était naturelle chez les sots et les gens médiocres : la timidité, la réserve, la modestie, leur font toujours cette illusion ; mais que Despréaux et Racine prissent La Fontaine, leur ami, pour l’objet de leurs railleries, j’en suis surpris : ils étaient dignes de l’admirer et de le respecter. Quand on n’est pas certain de sa supériorité, la raillerie est une imprudence ; quand on en est sûr, c’est une lâcheté. La patience et la douceur de La Fontaine ne se démentirent jamais ; il se regarda comme une victime dévouée à la gaité, à la malignité de ses amis. Son sort fut d’être raillé, mais d’être aimé : il ne se plaignit jamais de ce partage.
Observons que l’auteur de ces Contes aussi fameux par la licence que par l’agrément, ne se permit jamais dans la conversation, ni un récit libre, ni un mot équivoque : ce qui a dû le faire juger fort inférieur à ses écrits par ceux qui attendaient de lui cet assaisonnement blâmable de la conversation. Il ne parlait des femmes qu’avec respect, ou du moins qu’avec réserve, louant avec transport celles qui étaient vertueuses, se taisant sur les autres. C’est le seul article sur lequel ses écrits ne soient point l’image de sa conduite.
On ne peut trop publier le témoignage que lui rend l’historien de l’Académie Française : c’est un trait qui élève La Fontaine au-dessus de lui-même. Cet homme, si incapable de tout soin et de tout intérêt sur ses propres affaires, se passionnait, s’enflammait sur celles des autres. Jamais il ne rechercha une confidence, et jamais il ne s’y refusa ; il la regardait comme une marque d’estime, comme un bienfait dont il se vengeait par les soins les plus zélés et les plus tendres. Jamais il n’entendit impunément le récit d’un malheur ; il s’agitait, il se tourmentait jusqu’à ce qu’il l’eût réparé. Sa bienfaisance devenait active, inquiète, persévérante, féconde en expédients, en bons conseils, en secours proportionnés au besoin. Plus d’une fois des mères le consultèrent avec fruit sur la conduite de leurs filles, sur les moyens de les arracher aux dangers des passions. C’est ainsi qu’il est beau de sortir de son caractère.
La complaisance tient à la douceur, quoiqu’elle n’en soit pas inséparable : celle de La Fontaine fut telle, qu’elle décida des plus importantes actions de sa vie. Il se maria parce qu’on le voulut; et, quoiqu’assuré de la vertu un peu farouche de sa femme, qu’il a, dit-on , célébrée dans le conte de Belphégor, il se battit pour elle contre un ami, parce qu’il crut que le public l’exigeait ; il fit ses Contes, parce qu’une femme célèbre le voulut; il revint aux Fables, parce que mademoiselle de Sillery l’y rappela ; il fit des opéras, sans talent pour ce genre, et uniquement parce qu’on lui en demanda; il allait quitter la France, parce que la fameuse Hortense et St.-Evremont l’appelaient en Angleterre; il resta, parce que ses autres amis le retinrent.
Un poète de ce caractère ne devait pas être satirique. La Fontaine a su beaucoup louer sans flatter, et jamais un mot offensant n’est sorti ni de sa bouche, ni de sa plume…. Je me trompe, il a lait une satire, une seule satire, et c’était encore un acte de complaisance : on lui avait persuadé qu’il avait à se plaindre d’un musicien célèbre, et qu’il devait s’en venger en poète. Sa colère fut si gaie, si plaisante, qu’il était aisé de voir qu’elle n’avait rien de réel. Quelque légère que fût cette faute, il en rougit, il en demanda pardon.
La Fontaine prit parti, d’après son goût, dans la fameuse querelle des anciens et des modernes ; mais c’est encore ici un trait distinctif de son caractère. Despréaux comptait pour quelque chose dans l’honneur de défendre les anciens, le plaisir d’insulter Perrault et Fontenelle ; Racine n’est pas sans aigreur contre les détracteurs de l’antiquité. La Fontaine préférait les anciens, les vantait, les imitait, les effaçait : jamais il ne lui échappa un trait contre les modernes.
Cette âme innocente pouvait-elle déplaire à son auteur ! « Dieu n’aura pas la force de le damner,» disaient ses amis. La Fontaine, entraîné par les goûts, par les plaisirs, par les erreurs du monde, avait négligé la religion ; mais il n’avait jamais eu ni le malheur de la haïr, ni la folie de l’attaquer ; il fut aisé de la lui faire aimer. Sa conversion, en épurant son âme, acheva dé développer son caractère. Rien ne prouve mieux sa candeur que l’étonnement et l’effroi dont il fut saisi, quand le ministre sévère de l’Evangile lui peignit l’atteinte que son livre des Contes pouvait porter aux mœurs ; il croyait avoir fait un livre gai, libre, mais non un livre dangereux. Rien ne prouve mieux sa docilité, son éloignement de tout orgueil, que l’éclat qu’il voulut donner à la condamnation de ce livre ; et rien ne prouve mieux sa bonne foi que l’exactitude avec laquelle il remplit, pendant deux ans qu’il vécut encore, le serment qu’il avait fait de ne plus exercer sa muse que sur des sujets sacrés. Sa piété, conforme à son caractère, fut vraie, dégagée de tout esprit de parti, douce, indulgente pour les autres, sévère pour lui seul. Tout le monde sait que, comme l’a dit le fils de Racine, on trouva l’auteur de Joconde armé d’un cilice. Sa dernière lettre à Maucroix, son ami, arrache des larmes de tendresse et d’admiration. Il y peint les progrès de sa décadence ; et ou pleure la fin prochaine d’un tel homme. » Mourir n’est rien, dit-il, mais songes-tu que » ton âme va paraître devant Dieu ? » Ah ! tu peux y paraître avec confiance, âme tendre et indulgente, douce image de ce Dieu de clémence et d’amour ! C’est à ceux qui le cherchent comme toi dans la simplicité de leur cœur, qu’il aime à se manifester ; c’est à tes pareils qu’il prodigue ses grâces, ou qu’il réserve ses miséricordes.
Voilà quel fut La Fontaine, et dans sa vie et dans sa mort. Un tel caractère méritait-il si peu d’être peint ? Nous en avons puisé les principaux traits dans ses ouvrages. Nous allons considérer ces mêmes ouvrages sous un point de vue moins relatif à la personne de l’auteur, et purement littéraire.

SECONDE PARTIE.

Nous avons remarqué les trois caractères généraux du talent de La Fontaine, ceux qui tiennent à la trempe de son âme : enjouement, tendresse, naïveté. Voyons comment ces trois caractères se plient aux différents genres, et se modifient selon les besoins du sujet ; voyons quelle est la souplesse du génie.
Voyons d’abord ce qu’était, avant La Fontaine, le genre dans lequel il s’est le plus exercé : l’apologue.
Esope, ou l’auteur, quel qu’il soit, des Fables qui nous restent sous son nom, se contente, pour ainsi dire, d’indiquer un fait et une moralité. Nul accessoire, nul ornement ; c’était beaucoup de saisir un point moral et d’y adapter un fait. L’art était dans son enfance, mais il était créé.
Phèdre couvre cette nudité des grâces d’une élocution pure, noble, élégante, concise. Prodigue de sens, avare d’ornements, il dit parfaitement tout ce qu’il dit, mais il ne dit que ce qu’il faut. Chacune de ses Fables est un morceau fini, niais d’une perfection sévère et dénuée d’agréments : c’est une beauté qui fonde ses succès sur la régularité de ses traits, et qui ne fait rien pour plaire.
La Fontaine va un peu plus au-devant de son lecteur ; et quoiqu’il ne cherche pas les moyens de plaire, quoiqu’il ne s’en occupe pas, il ne se refuse rien de ce qui peut amuser et intéresser ; il orne ses récits, il anime sa scène, il met ses personnages en action, et leurs passions en jeu ; il varie leur langage suivant leurs caractères et les circonstances ; tout, chez lui prend un corps, une âme, un visage. Cette partie dramatique, qui produit tant d’intérêt, est un avantage propre à La Fontaine. Phèdre l’a entièrement négligé : tous ses personnages ont le même ton ; ils s’expriment tous avec une égale noblesse, parce que ce ne sont pas eux qui parlent, c’est toujours Phèdre, c’est toujours l’élégant affranchi d’Auguste. Aussi ses Fables, malgré leur correction irréprochable, ou peut-être à cause de cette correction, ont-elles besoin de brièveté pour ne pas ennuyer. La Fontaine peut toujours s’étendre impunément ; après avoir fait parler ses personnages, il peut parler lui-même ; après avoir peint, il peut analyser ; après avoir raconté, il peut discourir : on l’écoute toujours volontiers, parce qu’il sait toujours varier son ton et nos plaisirs.
Phèdre est à La Fontaine ce que Térence est à Molière. Les deux auteurs latins sont plus purs, plus châtiés, d’une élégance plus soutenue : les deux Français sont plus vrais, plus gais, plus animés, plus dramatiques.
Pour bien connaitre la différence de la manière de La Fontaine et de celle de Phèdre, peut-être ne faut-il pas examiner ces deux auteurs lorsqu’ils traitent le même sujet. La Fontaine alors se rapproche tant qu’il peut de la concision de son modèle : c’est un hommage qu’il croit lui devoir. Un respect excessif pour Phèdre et pour l’antiquité, une défiance modeste de ses forces, l’empêchent de se livrer à son génie. Il faut bien, malgré lui, qu’il embellisse l’original, mais il l’embellit le moins qu’il peut, dans la crainte de le gâter ; il n’y touche que d’une main circonspecte et timide. Prenons donc une autre route pour comparer ces deux auteurs. D’après la manière connue de Phèdre, imaginons-le traitant un des sujets particuliers de La Fontaine. Si Phèdre avait à composer, par exemple, la Fable qui a pour titre la Fille, il dirait en mots choisis, mais en peu de mots, que cette fille prétendait trouver un mari parfait. Point de détails sur les perfections de ce mari ; et nous y perdrions ce trait si un et si philosophique :

Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci.
Il peindrait d’un trait noble et fier, mais d’un seul trait, les dédains de cette fille pour les maris qui se présentaient. Il ne la mettrait point en scène, il ne la ferait point parler ; nous ne la connaîtrions que sur le récit de l’auteur, non par elle-même ; et nous serions encore privés de ce trait plaisant et naïf :
Grâce à Dieu, je passe les nuits
Sans chagrin, quoiqu’on solitude.

Phèdre nous annoncerait la décadence de cette fille et la perte de sa beauté, mais sans en peindre la dégradation progressive par cette riante image :
……….Elle voit chaque jour
Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l’Amour.

Et, comme il ne se permet guère de réflexions, nous n’aurions ni ce trait de sentiment :
Les ruines d’une maison
Se peuvent réparer : que n’est cet avantage
Pour les ruines du visage !

ni tous ces autres traits pleins de finesse, de grâce et de naturel :
Son miroir lui disait : prenez vite un mari ;
Je ne sais quel désir le lui disait aussi :
Le désir peut loger chez une précieuse.
Phèdre finirait par dire en termes plus nobles :
Qu’elle fut, à la fin, toute aise et toute heureuse
De rencontrer un malotru.

Le Meunier, son Fils et L’Âne, ce chef-d’œuvre de vérité dramatique, où tous les propos sont si parfaitement adaptés à chaque personnage, perdrait encore plus entre les mains de Phèdre. Les différentes critiques des passants, d’après l’âge, le sexe, le caractère ; leur ton, leurs proverbes, leurs quolibets, leurs chansons ; ce délire de gaîté et de naïveté :
Nicolas au rebours ; car, quand il va voir Jeanne,
Il monte sur sa bête, et la chanson le dit ;
rien de tout cela n’existerait.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  

On vous recommande : l'Art de lire les fables

C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

Laisser un commentaire

Laissez un message, merci. Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.