Le Luth et la Musette : La Fontaine

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icon-angle-double-right Fables et poésies de Jean de La Fontaine

Une rustique Musette,
Oyant accorder un Luth,
Et consulter mi, ré, ut,
Pour la moindre chansonnette,
Dit : « Mon frère le Hautbois,
Le Luth n’est rien qu’une bête,
Et sa discordante voix
Me fait grand mal à la tète.
C’est lui qui doit écouter,
Et nous qui devons chanter
Des airs de toutes manières.
Nos Bergers et nos Bergères
M’en apprennent tous les jours ;
Je sais chanter les amours
De Tyrcis et de Nannette,
De Damon et de Lisette,
Et des Nymphes de nos bois,
De Géphale et de l’Aurore.
— Oui, répondit le Hautbois,
Et beaucoup d’autres encore.
Mais je te réponds, ma sœur.
Que le Luth est grand docteur.
Quand tu vois qu’il étudie,
C’est pour prendre un meilleur ton;
Dès qu’il saura sa leçon,
Sa charmante mélodie
Nous fera honte à tous deux.
Ah! qu’il est avantageux
D’avoir, outre la nature,
Une bonne tablature! »

“Le Luth et la Musette”

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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