Le Loup et la Cigogne

Le Loup et la Cigogne

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Les Loups mangent gloutonnement.
Un Loup donc étant de frairie
Se pressa, dit-on, tellement
Qu’il en pensa perdre la vie :
Un os lui demeura bien avant au gosier.
De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvait crier,
Près de là passe une Cigogne.
Il lui fait signe ; elle accourt.
Voilà l’Opératrice aussitôt en besogne.
Elle retira l’os ; puis, pour un si bon tour,
Elle demanda son salaire.
« Votre salaire ? dit le Loup :
Vous riez, ma bonne commère !
Quoi ? ce n’est pas encor beaucoup
D’avoir de mon gosier retiré votre cou ?
Allez, vous êtes une ingrate :
Ne tombez jamais sous ma patte. »

Remarques de Charles Claude Ruelle :

Le Loup et la Cigogne

– Étant de frairie : étant d’un repas de fête; ayant une belle occasion de « satisfaire ses appétits gloutons »
Remarques. Le loup compte pour bienfait tout le mal qu’il ne fait pas ; à l’entendre, la cigogne doit s’estimer très-heureuse d’avoir, suivant une ancienne expression, « retiré sa tête sauve de la gueule du loup», (Ésope, traduction de Meslier). C’est ce que l’on appelait autrefois « rendre un grand merci de loup à son bienfaiteur »

Source Ésope, Du Loup et du Héron :

loup-cigogne-par-david-johannot-adam-etc– Un loup, ayant avalé un os, allait partout cherchant qui le débarrasserait de son mal. Il rencontra un héron, et lui demanda moyennant salaire d’enlever l’ose. Alors le héron descendit sa tête dans le gosier du loup, retira l’os, puis réclama le salaire convenu. « Hé ! l’ami, répondit le loup, ne te suffit-il pas d’avoir retiré ta tête saine et sauve de la gueule du loup, et te faut-il encore un salaire ? »

Cette fable montre que le plus grand service qu’on puisse attendre de la reconnaissance des méchants, c’est qu’à l’ingratitude ils n’ajoutent pas l’injustice.

  • Esope – VIIe-VIe siècle av. J.-C
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