Le Lièvre et la Perdrix

Le Lièvre et la Perdrix

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Il ne se faut jamais moquer des misérables :
Car qui peut s’assurer d’être toujours heureux ?
Le sage Ésope dans ses Fables
Nous en donne un exemple ou deux.
Celui qu’en ces Vers je propose,
Et les siens, ce sont même chose.
Le Lièvre et la Perdrix, concitoyens d’un champ,
Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille,
Quand une Meute s’approchant
Oblige le premier à chercher un asile.
Il s’enfuit dans son fort, met les chiens en défaut,
Sans même en excepter Briffaut.
Enfin il se trahit lui-même.
Par les esprits sortants de son corps échauffé.
Miraut sur leur odeur ayant philosophé
Conclut que c’est son Lièvre, et d’une ardeur extrême
Il le pousse, et Rustaut, qui n’a jamais menti,
Dit que le Lièvre est reparti.
Le pauvre malheureux vient mourir à son gîte.
La Perdrix le raille, et lui dit :
Tu te vantais d’être si vite :
Qu’as-tu fait de tes pieds ? Au moment qu’elle rit,
Son tour vient ; on la trouve. Elle croit que ses ailes
La sauront garantir à toute extrémité ;
Mais la pauvrette avait compté
Sans l’Autour aux serres cruelles.

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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