Le Diamant et la Perle, La Fontaine

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icon-angle-double-right Fables et poésies de Jean de La Fontaine

Chez un fameux lapidaire,
Un Diamant de grand prix
D’une Perle fut épris,
Et crut ne pouvoir mieux faire
Que de parler promptement
De son amoureux tourment.
Il lui dit: ” Beauté parfaite,
Daignez recevoir mes feux;
Ils sont assez précieux
Pour les plus ambitieux,
Mais je fais peu de cas d’eux,
Si votre cœur les rejette.
— Vous me faites trop d’honneur,
Dit la belle orientale :
Votre éclat que rien n’égale
Mérite mieux que mon cœur.
Mais, las! je ne suis pas née,
Pour songer à l’hyménée :
Je renonce à ses douceurs,
Pour être avecque mes sœurs.
Nous sommes trente semblables,
Qui toutes inséparables
Serviront a l’ornement
D’une royale personne.
Je souhaite extrêmement
De vous voir à sa couronne.
Le Diamant, tout confus,
De cet honnête refus,
Sentit un dépit extrême,
Et, se durcissant lui-même
Plus que le plus dur rocher,
Fut à ce point insensible,
Que rien ne put le toucher ;
Et tel est l’effet terrible
De l’insensibilité,
Qu’il prête, à qui se veut défendre
De quelque mouvement trop tendre,
Son froid et sa dureté.

“Le Diamant et la Perle, La Fontaine”

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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