Le Comte de Fiesque au Roi

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Le Comte de Fiesque au Roi


Remerciements du comte de Fiesque au Roi.

1684

Vous savez conquérir les États et les hommes ;
Jupiter prend de vous des leçons de grandeur ;
Et nul des rois passés ni du siècle où nous sommes
N’a su si bien gagner l’esprit avec le cœur.

Dans les emplois de Mars, vos soins, votre conduite,
Votre exemple et vos yeux animent nos guerriers ;
Vous étendez partout l’ombre de vos lauriers
La terre enfin se voit réduite
A vous venir offrir cent hommages divers ;
Vous avez enfin su contraindre
Tous les cantons de l’Univers
A vous obéir ou vous craindre.

J’étais près de céder aux destins ennemis,
Quand j’ai vu les Génois soumis
Malgré les faveurs de Neptune,
Malgré des murs où l’art humain
Croyait enchaîner la Fortune
Que vous tenez en votre main.

Cette main me relève, ayant abaissé Gêne ;
Je ne l’espérais plus, je n’en suis plus en peine.
Vos moindres volontés sont autant de décrets ;
Vos regards sont autant d’oracles ;
Je ne consulte qu’eux ; et, malgré les obstacles,
Je laisse agir pour moi vos sentiments secrets.

Vous témoignez en tout une bonté profonde,
Et joignez aux bienfaits un air si gracieux
Qu’on ne vit jamais dans le monde
De roi qui donnât plus, ni qui sût donner mieux.

 

– Louis XIV força la république de Gènes à payer cent mille écus au comte de Fiesque, en dédommagement des droits que celui-ci prétendait avoir sur cette république, et sur lesquels il avait fait imprimer un mémoire. Cette somme fut payée avant la signature du traité avec cette république, qui n’eut lieu qu’à la fin de février 1685. Le comte de Fiesque récita au roi la pièce que La Fontaine avait composée pour lui à ce sujet le 7 novembre i684. Voyez l’Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, troisième, édition, 1824.

– Charles-Léon, comte de Fiesque, né en 1613 et mort en 1658 à Madrid, est un officier de l’entourage du Grand Condé dont plusieurs sources signalent le rôle pendant le Fronde.

Walckenaer

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