Le Cerf et la Vigne

Le Cerf et la Vigne

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Un Cerf, à la faveur d’une Vigne fort haute
Et telle qu’on en voit en de certains climats,
S’étant mis à couvert et sauvé du trépas.
Les Veneurs pour ce coup croyaient leurs chiens en faute.
Ils les rappellent donc. Le Cerf hors de danger
Broute sa bienfaitrice, ingratitude extrême !
On l’entend, on retourne, on le fait déloger,
Il vient mourir en ce lieu même.
J’ai mérité, dit-il, ce juste châtiment :
Profitez-en, ingrats. Il tombe en ce moment.
La Meute en fait curée. Il lui fut inutile
De pleurer aux Veneurs à sa mort arrivés.
Vraie image de ceux qui profanent l’asile
Qui les a conservés.

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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