L’Art de lire la fable de l’Hirondelle et les petits Oiseaux

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L’art de lire la fable

Jean de La Fontaine – L’Hirondelle et les petits Oiseaux

 

La ponctuation simple — représente une pause variable.
Un trait (—), — un demi-repos.
Un double trait (=), — un repos.
Un alinéa — une interruption.
Mots italiques. Insister sur ces mots pour en faire sentir l’intention.

L’Hirondelle et les petits Oiseaux

l-hirondelle-et-les-petits-oiseaux-la-fontaine-jjgrandvilleL’HIRONDELLE ET LES PETITS OISEAUX Une hirondelle en ses voyages avait beaucoup appris. — Quiconque a beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu. = Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages, et, devant qu’ils fussent éclos, les annonçait aux matelots. Il arriva qu’au temps que la chanvre se sème, elle vit un menant en couvrir maints sillons. = Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons = je vous plains ; — car, pour moi, dans ce péril extrême, je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin. = Voyez—vous cette main qui par les airs chemine ? — Un jour viendra, qui n’est pas loin, que ce qu’elle répand sera votre ruiné. = De là naîtront engins à vous envelopper, et lacets pour vous attraper ; — enfin, mainte et mainte machine qui causera dans la saison votre mort ou votre prison : = gare la cage ou le chaudron ! — C’est pourquoi, leur dit l’hirondelle, mangez ce grain ; et croyez-moi. Les oiseaux se moquèrent d’elle : ils trouvaient aux champs trop de quoi. = Quand la chènevière fut verte, l’hirondelle leur dit : — Arrachez brin à brin ce qu’a produit ce maudit grain, ou soyez sûrs de votre perte. = Prophète de malheur ! —babillarde ! dit—on, — le bel emploi que tu nous donnes ! = il nous faudrait mille personnes pour éplucher tout ce canton. Le chanvre étant tout à fait crûe, l’hirondelle ajouta : — Ceci ne va pas bien ; mauvaise graine est tôt Venue. =Mais, puisque jusqu’ici l’on ne m’a crue en rien, — dès que vous verrez que la terre sera couverte, — et qu’à leurs blés les gens n’étant plus occupés feront aux oisillons la guerre; —quand réginglettes et réseaux attraperont petits oiseaux, — ne volez plus de place en place, demeurez au logis, ou changez de climat: — imitez le canard, ‘la grue et la bécasse. = Mais vous n’êtes pas en état de passer, comme nous, les déserts et les ondes, ni d’aller chercher d’autres mondes : — c’est pourquoi vous n’avez qu’un parti qui soit sûr ; c’est de vous renfermer au trou de quelque mur. Les oisillons, las de l’entendre, se mirent à jaser aussi confusément que faisaient les Troyens — quand le pauvre Cassandre ouvrait la bouche seulement. — Il en prit aux uns comme aux autres : maint oisillon se vit esclave retenu, Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres, et ne CROYONS LE MAL QUE QUAND IL EST VENU.

L’art de lire les fables, Jules Romain Tardieu – 1859

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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