L’Année des poèmes de La Fontaine

L'Année des poèmes de La Fontaine

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Histoire chronologique de la vie et des œuvres de La Fontaine:


1654 – 165816591660166116631664 – 1665166716691671167316741680 – 1681 – 1682 168416851686 – 16871688 16891691 1692 – 1693

1664. — La ballade sur Escobar, dont le refrain est : Escobar fait un chemin de velours, que Richelet a cité en son Dictionnaire, au mot velours, et ses stances sur le même Escobar, sont de cette année .
1665. — Le poème, ou l’idylle d’Adonis, comme il l’appelle lui-même, vient ensuite; quoique Adonis n’ait paru qu’en 1669, avec sa Psyché, car il dit, dans son avertissement, qu’il y a longtemps que cet ouvrage étoit composé : Je joins, dit-il, aux amours du fils, celles de la mère, et j’ose espérer que mon présent sera bien reçu. Nous sommes en un siècle où on écoute assez favorablement tout ce qui regarde cette famille. On les sépare ici, parce que Psyché peut faire un volume à part . La Fontaine y donne son caractère, dès le commencement :

Je n’ai jamais chanté que l’ombrage des bois,
Flore, Écho, les zéphyrs, et leurs molles haleines,
Le vert tapis des prés, et l’argent des fontaines.

On y trouve ce beau portrait de Vénus :

Rien ne manque à Vénus, ni les lis, ni les roses,
Ni le mélange exquis des plus aimables choses,
Ni le charme secret dont l’œil est enchanté,
Ni la grâce plus belle encor que la beauté.

Il nous apprend que, lorsqu’il a fait ce poème, il s’étoit toute sa vie exercé dans ce genre de poésie, que nous nommons héroïque, qui est le plus beau de tous, le plus fleuri et le plus susceptible d’ornements. Alors il avoit une maîtresse, ou fausse, comme les poètes s’en font, ou vraie; car il n’en manquoit point. C’est à elle qu’il dédie son Adonis :

Aminte, c’est à vous que j’offre cet ouvrage.
Mes chansons et mes vœux, tout vous doit rendre hommage ;
Trop heureux, si j’osois conter à l’univers
Les tourments infinis que pour vous j’ai soufferts !

L’églogue de Climène et Annette peut fort bien accompagner le poème d’adonis ; elle est ancienne et dans le vrai style de bergerie, plus encore de Théocrite que de Virgile.

Et nous placerons aussi en cette année 1665 le sonnet pour mademoiselle d’Alençon, fille de Gaston, duc d’Orléans, qui fut depuis mariée, le 15 juin 1667, à M. le duc de Guise .

Le Journal des Savants de Paris, du 26 janvier 1665, parle de la Joconde, de la Matrone d’Éphèse et du conte du Cocu battu et content. M. de Sallo, qui étoit d’un goût difficile, n’a pas bien jugé de la Joconde de noire poète : il lui a presque égalé la misérable pièce de Bouillon. Despréaux en a bien jugé autrement dans cette excellente Dissertation qu’il a faite exprès pour justifier le conte de La Fontaine. Le journaliste trouve aussi quelque chose à redire à la Matrone d’Ephèse pour la pureté de la langue ; et il dit, sur le conte, que La Fontaine a essayé des vers libres, et des vers imités du temps de Marol, et qu’il se propose, selon que l’un ou l’autre genre plaira, de s’en servir dans les ouvrages qu’il doit donner au public. Il les a tous deux suivis depuis dans ses compositions. Voilà les premiers contes qui avoient paru dès l’année 1664.

1. Il y a un privilège particulier pour imprimer la Joconde. Il est du 14 janvier 1664; elle fut achevée d’imprimer le 10 janvier 1665. Elle étoit intitulée ; Joconde, ou de l’infidélité des femmes, Il y en eut une dernière édition chez Barbin, en 1667, avec plusieurs autres contes : on en ôta la Matrone d’Éphèse. Le. privilège de la seconde, de 1664, est dans cette édition, et il parut une troisième édition de ces mêmes Contes, en 1669, chez Billaine.

“L’Année des poèmes de La Fontaine”

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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