L’Ane portant des reliques

L’Ane portant des reliques

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Un Baudet, chargé de Reliques,
S’imagina qu’on l’adorait.
Dans ce penser il se carrait,
Recevant comme siens l’Encens et les Cantiques.
Quelqu’un vit l’erreur, et lui dit :
Maître Baudet, ôtez-vous de l’esprit
Une vanité si folle.
Ce n’est pas vous, c’est l’Idole
A qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.
D’un Magistrat ignorant
C’est la Robe qu’on salue.

Source Ésope :

“L’Âne qui portait une statue de Dieu” –  Un homme, ayant mis une statue de dieu sur le dos d’un âne, le conduisait à la ville. Comme les passants se prosternaient devant la statue, l’âne, s’imaginant que c’était lui qu’on adorait, ne se tint plus d’orgueil; il se mit à braire et il refusa d’avancer. L’ânier, devinant sa pensée, lui dit en le frappant de son gourdin : « Pauvre cervelle ! il ne manquait plus que cela, de voir un âne adoré des hommes. »

Cette fable montre que ceux qui font vanité des avantages d’autrui prêtent à rire à ceux qui les connaissent.

Analyses et notes de A. de Closset :

ane_portant_reliques_walckenaer_ed_1821Reliques. Ce qui reste d’un saint après sa mort, soit le corps entier, soit une partie du corps.
Se carrait. Dans le style familier, marcher avec un maintien qui annonce de la prétention, de l’arrogance.
Idole. Expression impropre. L’idole est une statue représentant une fausse divinité et exposée à l’adoration. Les saints ne sont pas des dieux et leurs reliques ne les représentent pas. — La construction de ce vers et des deux précédents est peu correcte ; la grammaire voudrait : ce n’est pas à vous, c’est à l’idole que, etc.
Salue. Proverbe. « Je ne puis apprendre aux grands à distinguer les bonnetades qui les regardent de celles qui regardent leur commission, ou  leur suite, ou leur mule, » (Montaigne.)

Notes de Nodier :

– Jamais le nom d’idole n’a été donné aux reliques des saints. Il y a ici une petite méprise.
Et que la gloire en est due.II faudrait : Et à qui la gloire en est due.

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