L’Aigle et le Hibou, commentée

L'Aigle et le Hibou, commentée par Louis Moland

0 188

L’Aigle et le Hibou, commentée par  Louis Moland :


Fable XVIII L’Aigle et le Hibou. Avianus, 14, Simia et Jupiter. — Verdizotti, V, l’Aquila e el Guffo.

Marie de France a modifié et développé l’apologue d’Avianus. Il s’agit d’une « singesse et de son singeot. » La singesse demande au lion si son petit est beau. Le lion répond brutalement qu’il n’y a pas de plus laide bête. La singesse, s’en allant toute triste, rencontre l’ours. Celui-ci, dont le singeot tente l’appétit, dit à la mère : « Est-ce là cet enfant dont toutes les bêtes parlent, dont on entend vanter partout la bonne grâce et la gentillesse ? — Oui,dit la singesse avec empressement, c’est mon fils. — Donne-le, dit l’ours, que je l’embrasse! « La mère charmée lui tend son petit, l’autre n’en fait qu’un coup de dent.

Dans Renard le Contrefait, la même aventure est prolixement contée. Les personnages sont Renard et Tiercelin, le corbeau, qui dit de même à Renard que ses petits sont « jolis sur tous leurs compagnons.

Sais-tu comment les cognoistras?
Les plus beaux que tu trouveras
Sont mes oiseaux, sans nulle faute...

« Nature le veut ainsi, dit le poète du moyen âge en terminant son conte : père et mère, soumis à naturel amour, croient certainement

Que leurs faons sont proprement
Plus beaux que nul autre faon
Combien que nel die la raison…»

Il n’y a pas plus de conclusion ici que dans La Fontaine, puisque c’est « la commune loi»

Tantôt douce et tantôt amère, »

ajoute fauteur de Renard le Contrefait. Marie de France n’en tire, elle, qu’une leçon de discrétion : « Il ne faut pas proclamer ce qui fait secrètement notre bonheur, notre jouissance, » seule leçon, en effet, que puisse offrir cet apologue.

Analyse littéraire et grammaticale, Charles Nodier,1818.

* Comme vous êtes Roi, vous ne considérez

1 – N’est-il pas plaisant de supposer que ce soit un effet nécessaire et une suite naturelle de la royauté de n’avoir égard ni pour les choses ni pour les personnes? ce tour est très satirique, et sa simplicité même ajoute à ce qu’il a de piquant. » Chamfort.

* Il avint qu’au Hibou Dieu donna géniture,
De façon qu’un beau soir qu’il était en pâture,
Notre Aigle aperçut d’aventure,
Dans les coins d’une roche dure,
Ou dans les trous d’une masure

2 – Cinq rimes en ure qui se suivent, licence tolérée tout au plus dans le burlesque.

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

Laisser un commentaire

Laissez un message, merci. Votre adresse email ne sera pas publiée.