La Tourterelle veuve du Hibou

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icon-angle-double-right Fables et poésies de Jean de La Fontaine

Une aimable Tourterelle
Fut le partage d’un Hibou ;
Jamais paix, toujours querelle :
Il n’est pas mal aisé de deviner par où.
Hibou mourut; la veuve, en ces alarmes,
N’étala point des clameurs et des larmes
Le fastueux charivari.
Larme enlaidit, douleur est folle;
Et puis, grâces aux mœurs du siècle, on se console
D’un amant tendrement chéri :
Que ne fait-on point d’un mari?
Tourterelle à l’amour rarement est rebelle.
Sa tendresse envisage un Moineau digne d’elle.
Pour s’expliquer, regards, discours mystérieux,
Sont par elle mis en usage :
Elle craint, elle n’ose en dire davantage.
C’est au Moineau, s’il a des yeux,
A deviner ce langage.

I. Cette fable» que La Fontaine a intercalée tant bien que ma! dans sa comédie : Je vous prends sans vert, doit être réintégrée dans le recueil de ses Fables, pour lequel sans doute elle avait été faite. Elle a été publiée, avec une seule variante, sous le titre que nous lui conservons, dans l’Almanach littéraire, ou Etrennes d’Apollon (Paris, veuve Duchesne, 1780, in-12), dont l’éditeur, d’Aquin de Châteaulyon, s’est bien gardé de dire où il l’avait prise. (La Tourterelle veuve du Hibou)

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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