La rancune de Colbert contre La Fontaine

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Colbert, je ne dois point le taire…


“Jean-Baptiste Colbert né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, est un des principaux ministres de Louis XIV. Contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d’État de la Maison du roi et secrétaire d’État de la Marine de 1669 à 1683.”

Les pensions accordées aux littérateurs et savants étrangers par Colbert avaient donc un double but politique qu’on ne saurait dissimuler ; car en même temps qu’elles agissaient sur l’opinion et donnaient au dehors une haute idée de la gran­deur et de la générosité de la France, elles disposaient ceux qui en étaient l’objet à rendre, dans certains cas, au gouver­nement des services particuliers, peu compatibles sans doute avec la dignité des lettres, mais d’autant mieux récompensés.

Au surplus, ces services coûtaient peu à l’État, et reflet produit n’était nullement en rapport avec la somme affec­tée aux gratifications. Le chiffre des pensions aux gens de lettres français et étrangers ne dépassa jamais 100,000 livres, et descendit, en moyenne, à 75,000 livres, à partir de 1672, époque à laquelle les pensions aux étrangers paraissent avoir été supprimées. On a remarqué que, tant que Colbert vécut, La Fontaine ne fut pas porté sur la liste des pensions. Était-ce rancune pour la fidélité éclatante que l’immortel fabuliste avait vouée à Fouquet, ou bien le poète n’avait-il voulu faire aucune démarche auprès du ministre ou de Chapelain pour obtenir la faveur que l’on accordait au sieur Leclerc et au sieur Boyer ? Si le fait est bien exact, et tout porte à le croire, il y a une charmante épigramme au fond de l’éloge suivant, qu’on lit dans un poème de La Fontaine sur le quinquina.

Et toi que le quina guérit si promptement,
Colbert, je ne dois point le taire…
D’autres que moi diront ton zèle et la conduite,
Monument éternel aux ministres suivants :
Ce sujet est trop vaste et la muse est réduite
A dire les faveurs que tu fais aux savants.

Mais en même temps qu’il encourageait les savants par des pensions, Colbert proposait un plus noble but à leur ambi­tion en créant plusieurs académies. La France lui doit l’Aca­démie des Inscriptions et Belles-Lettres, celle des Sciences, celles de Peinture et de Sculpture. C’est ainsi qu’il imitait encore le cardinal de Richelieu, son modèle de prédilection.

(Histoire de la vie et de l’administration de Colbert: précédée d’une Etude historique sur Nicolas Fouquet, Pierre Clément, Guillaumin, 1846)

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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