La Fontaine et Captivité de saint Malc

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Histoire chronologique de la vie et des œuvres de La Fontaine :


1654 – 165816591660166116631664 – 1665166716691671167316741680 – 1681 – 1682 168416851686 – 16871688 16891691 1692 – 1693

1673. — Ces messieurs de Port-Royal ne furent pas contents encore de ce Recueil, dont la satisfaction étoit très-équivoque. Ils lui donnèrent le sujet de la vie d’un père des déserts, tirée de saint Jérôme, pour mettre en vers. Il en fît le poème de la Captivité de saint Malc, qu’il dédia à M. le cardinal de Bouillon, et qui fut imprimé à Paris, chez Barbin, en 1673. Il est de plus de six cents vers, et est devenu fort rare. M. le duc de Bourgogne le lisoit souvent. On y voit des bergeries chrétiennes, des descriptions de solitude, qui ne sont que là, et des entretiens dévots et touchants, qu’il trouvoit dans la simplicité de son cœur. Il y fait une sorte d’abjuration de ses Contes ; il dit à sa muse :

Bannis-en ces vains traits, criminelles douceurs,
Que j’allois mendier jadis chez les neuf Sœurs.

On eût pu remarquer, dans les imitations de la satire des Femmes, de Despréaux, que, lorsqu’il a fait dire, dans le portrait du directeur :

Il est bon d’empêcher ces emplois fastueux
D’être donnés peut-être à des âmes mondaines,
Éprises du néant des vanités humaines,

il n’avoit pas oublié ces vers du poème de saint Malc :

Malc annonce au vieillard, censeur de sa jeunesse,
Qu’il va de ses aïeux recueillir la richesse ;
Qu’il tâche d’empêcher que des biens assez grands
Ne soient mal dépensés par d’avares parents.

Nous n’avons pas encore parlé de ses Fables, qui lui ont donné une si grande et si solide réputation. Il en a fait dans tous les temps de sa vie. Les premières furent dédiées à Mgr le Dauphin, dans son enfance, et parurent dès l’année 1669, avec la fausse Vie d’Ésope, par Planude, que notre poète donna pour amuser ses lecteurs, et qui est bien rectifiée par celle que Méziriac a donnée au public, et par l’article d’Ésope dans le Dictionnaire de Bayle. Il n’est pas donné à tout le monde de connoitre les beautés de ces Fables. « Ces sortes de beautés, dit Despréaux dans sa Dissertation sur Joconde, sont de celles qu’il faut sentir et qui ne se prouvent point. C’est ce je ne sais quoi qui nous charme, sans lequel la beauté môme n’auroit ni grâce ni beauté. Mais après tout, c’est un je ne sais quoi, et si votre ami est aveugle, dit-il à l’abbé Le Vayer, je ne m’engage pas à lui faire voir clair. » Mme de Sévigné dit d’une autre manière : Les fables de La Fontaine sont divines; on croit d’abord en distinguer quelques-unes, et, à force de les relire, on les trouve toutes bonnes. C’est une manière de narrer et un style, à quoi l’on ne s’accoutume pas.

1. L’auteur a raison de dire que cette première édition de 1673, petit in-8 de 50 pages, est fort rare. C’est que La Fontaine fut obligé de la supprimer, parce que, dans la suscription de l’épitre dédicatoire, il donnoit au cardinal de Bouillon le titre d’Altesse Sérénissime.

“La Fontaine et Captivité de saint Malc”

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On vous recommande : l'Art de lire les fables

C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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