Henri de la Tour, vicomte de Turenne

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« Turenne eut tout : la valeur, la prudence,
« L’art de la guerre, et les soins sans repos.
« Romains et Grecs , vous cédez à la France :
« Opposez-lui de semblables héros, »
Épître à M. de Turenne

Henri de la Tour, vicomte de Turenne, maréchal général des camps et armées du roi, colonel général de la cavalerie légère, maréchal de France, gouverneur du haut et bas Limosin, et l’un des plus grands capitaines qui aient paru dans le monde, était second fils de Henri de la Tour, duc de Bouillon, d’une des plus anciennes et des plus illustres maisons de France. Il naquit à Sedan au mois de septembre 1611, et fit paraître dès sa jeunesse des talents extraordinaires pour l’art militaire. Il fit ses premières campagnes en Hollande, sous Maurice et Frédéric-Henri de Nassau, princes d’Orange, ses oncles maternels, et se signala par de belles actions. Peu de temps après, il passa en Lorraine avec son régiment en 1644, et ayant contribué à la prise de la Mothe, il fut fait maréchal de camp, quoique très-jeune. Il prit Saverne en 1636, et l’année suivante les châteaux d’Hirson et de Sorle. C’est en cette occasion qu’il fit une action semblable à celle de Scipion, à l’égard d’une très-belle femme qu’il renvoya à son mari. Le vicomte de Turenne continua de se signaler en divers sièges et combats. Il fut fait maréchal de France en 1644, et eut le malheur d’être battu au combat de Mariendal en 1645 ; mais il gagna la bataille de Nortlingue trois mois après, rétablit l’électeur de Trèves dans ses Etats, et fit l’année suivante la fameuse jonction de l’armée de France avec l’armée suédoise, commandée par le général Wrangel ; ce qui obligea le duc de Bavière à demander la paix. Ce duc ayant rompu le traité qu’il avait fait avec la France, le vicomte de Turenne gagna sur lui la bataille de Zumarshausen, et le chassa entièrement de ses Etats en 1648. Pendant les guerres civiles, il suivit le parti des princes, et fut défait à la bataille de Rhetelen 1650. Il rentra peu de temps après dans les bonnes grâces du roi, qui lui donna le commandement de son armée en 1652. Il s’acquit une gloire immortelle aux combats de Jergeau, de Gien et du faubourg S. Antoine, et à la retraite qu’il fit devant l’armée des princes à Villeneuve-S.-Georges.
Le vicomte de Turenne fit lever aux Espagnols le siège d’Arras en 1654. Il prit Condé, Saint-Guilain, et plusieurs autres places en 1655, gagna la fameuse bataille des Dunes, et s’empara de Dunkerque, d’Oudenarde, et de presque tout le reste de la Flandre ; ce qui obligea les Espagnols à faire la paix des Pyrénées en 166o, qui fut suivie du mariage de l’infante
Marie-Thérèse d’Autriche. Des services si importants lui acquirent, avec justice, la charge de maréchal général des camps et armées du roi. La guerre ayant été renouvelée avec l’Espagne en 1667, le vicomte de Turenne commanda en Flandre sous les ordres de sa majesté ; il y prit tant de places, que les Espagnols furent contraints, l’année suivante, de demander la paix. Il fit cette même année abjuration de la religion protestante. Il commanda l’armée française dans la guerre contre la Hollande en 1672, prit quarante villes en 22 jours, chassa jusque dans Berlin l’électeur de Brandebourg, gagna les batailles de Sintsheim, de Ladembourg, d’Ensheim, de Mulhausen et de Turckeim, et fit repasser le Rhin aux Impériaux, qui avaient une armée de 7oooo hommes. Cette campagne acquit une gloire immortelle au vicomte de Turenne ; il passa le Rhin pour donner bataille au général Montécuculli, et le poursuivit jusqu’à Saspach, près de la ville d’Acheren; mais étant monté sur une hauteur pour découvrir le camp des ennemis, il fut tué d’un coup de canon le 27 juillet 1675, à 64 ans. Toute la France regretta ce grand homme, qui par ses vertus militaires et les belles qualités des héros, s’était fait admirer de toute l’Europe.Le roi lui fit faire un service solennel dans l’église cathédrale de Paris, comme au premier prince du sang, et voulut que sq corps fût porté à l’abbaye de S. Denis, lieu de la sépulture des rois, des reines, et des princes de la maison de France, où le cardinal, son neveu, lui fit élever un superbe mausolée. Il avait épousé Anne de Nompar de Caumont, fille du duc et maréchal de la Force, dont il n’eut point d’enfants.
Portraits des hommes illustres des 17e et 18e siècles, gravés par Edelink, Lubin, Schuppen, Duffos et Simonneau – Chez Calixte Volland, 1805

Photo château source : Par Original téléversé par Franzwa sur Wikipédia français. — Transféré de fr.wikipedia à Commons., Domaine public, commons.wikimedia.org

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