Fac-similé du manuscrit de la “Tragédie d’Achille” par La Fontaine

Fac-similé du manuscrit de la "Tragédie d'Achille" par La Fontaine

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Fac-similé du manuscrit de la “Tragédie d’Achille” par La Fontaine


 

Fac-similé du manuscrit de la "Tragédie d'Achille" par La Fontaine
Fac-similé du manuscrit de la “Tragédie d’Achille” par La Fontaine

BRISÉIS
J’ai sujet en un point de vous porter envie;
Vous possédez entier le cœur de votre amant;
Achille est occupé de son ressentiment;
Sa gloire et sa grandeur sont encor mes rivales.
Tant que nous le verrons sur ces rives fatales,
Je craindrai pour ses jours. Vous voyez qu’au danger,
En me rendant à lui, l’on veut le rengager.
Que les enfants des dieux vendent cher aux mortelles
L’honneur de quelques soins, bien souvent peu fidèles !
Souvent il vaudrait mieux qu’un cœur de moindre prix
De nos frêles beautés se rencontrât épris
On le posséderait entier et sans alarmes;
Au lieu que je crains tout, tantôt l’effort des armes,
Tantôt mon peu d’attraits, tantôt l’ambition;
Et l’on n’est point d’un roi toute la passion.
LYDIE
Vous l’êtes de celui qui joint, par sa naissance,
Au sang qu’il tient des dieux la suprême puissance.
S’il se venge et s’il veut exercer son courroux,
Le seul motif en est l’amour qu’il a pour vous.
De votre enlèvement il poursuit la vengeance.
Il eût dissimulé peut-être une autre offense
Mais, ne vous ayant plus, aussitôt il fit voir
Qu’en vous seule il faisait consister son devoir,
Qu’il vous sacrifiait l’intérêt de la Grèce,
Qu’enfin la gloire était moins que vous sa maîtresse.
BRISÉIS
Je l’avoue, et je crains peut-être sans sujet;
Mais qui pourrait avoir un cœur moins inquiet?
LYDIE
Vous, si vous vous savez connaître un peu vous-même
Vos vœux sont soutenus d’un mérite suprême.
Si vous savez donner à ces biens tout leur prix,
Votre amant vous devra, quoique fils de Thétis.
Nous descendons de rois : notre sang nous rend dignes
De l’hymen des héros même les plus insignes.
Je n’ai point oublié ce sang : imitez-moi;
Croyez qu’un demi-dieu vous peut garder sa foi
Il me l’a confirmé cent fois en votre absence.

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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