Sur les fables de La Fontaine, par Chaulieu

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Épigramme sur les fables de La Fontaine


Guillaume Amfrye de Chaulieu
Guillaume Amfrye de Chaulieu

Dans les fables de La Fontaine
Tout est naïf, simple, et sans fard ;
On n’y sent ni travail ni peine,
Et le facile en fait tout l’art :
En un mot, dans ce froid ouvrage.
Dépourvu d’esprit et de sel,
Chaque animal tient un langage
Trop conforme à son naturel.
Dans La Motte-Houdart, au contraire,
Quadrupède, insecte, poisson,
Tout prend un noble caractère.
Et s’exprime du même ton.
Enfin, par son sublime organe
Les animaux parlent si bien,
Que dans Houdart souvent un âne
Est un académicien.

– Cette épigramme n’est point de Rousseau, qui l’attribuait lui-même à Chaulieu. Voyez sa lettre à Brossette, 25 janvier 1718. Il se contenta d’y faire quelques légers changements, afin de la rendre disait-il, plus légère.

(Œuvres poétiques de J. B. Rousseau, avec un commentaire par M. Amar …, Volume 2, Paris chez Lefèvre,libraire.)

Image : Par Charles Devrits — Louis Henri Baratte, Louis Henri, Poètes normands : portraits gravés

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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