Épître, dédicace au Roi pour Lully

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Dédicace de l’Opéra de Roland pour Lully


1685

Agréez de mon art les présents ordinaires ;
Ne les recevez point en hommages vulgaires,
Dans la foule de ceux qu’attire ce séjour :
Votre mérite est tel que tout lui fait la cour.
La déesse aux ailes légères
Lui fait partout des tributaires ;
Il en vient des portes du jour.
C’est de là que partit la belle
Qui préféra Médor au héros de ces vers.
Son hymen attira cent monarques divers
L’amante de Pâris avait jadis, comme elle,
Intéressé dans sa querelle
Tous les maîtres de l’Univers.

Le bruit que ces beautés au dieu Mars ont fait faire
N’est rien près des combats qu’il entreprend pour vous
Vos exploits ont rempli l’un et l’autre hémisphère
D’admirateurs et de jaloux.
Au milieu des plaisirs d’un triomphe si doux,
Plaignez le paladin que mon art vous présente.
Son malheur fut d’aimer ; quelle âme en est exempte ?
Il suivit à la fin de plus sages conseils :
Au lieu de ses amours il servit sa patrie,
Son prince disposa du reste de sa vie ;
Vous savez mieux qu’aucun employer ses pareils.

Charlemagne vous cède ; il vainquit, mais la suite
Détruisit après lui ces grands événements.
Maintenant notre empire a, par votre conduite,
D’inébranlables fondements.

Ici les Muses sans alarmes
Se promènent parmi les bois
Leurs chants en sont plus beaux, aussi bien que leurs voix.
Si j’en crois Apollon, les miens ont quelques charmes
Puissent-ils relâcher tous vos soins désormais !
Vous imposez silence à la fureur des armes ;
Goûtez dans nos chansons les douceurs de la paix.

 

– Les Siamois. (Note de l’auteur dans l’édition in-folio gravée de cet opéra de Lully.) Le roi de Siam, par les instigations d’un Grec de Céphalonie, nommé Constantin, qui était devenu son premier ministre, avait envoyé des ambassadeurs au roi de France pour solliciter son alliance. Ces envoyés avoient vu le roi le 7 novembre 1684 ; et Louis XIV fit partir peu de temps après, pour Siam, le chevalier de Chaumont et l’abbé de Choisy, qui a écrit la relation de ce voyage. L’opéra de Roland fut représenté à la cour le 18 janvier 1685, et à Paris le 8 février suivant.

– Angélique, fille de Galafron, roi de Catay ou de la Chine, la plus orientale des régions de l’Asie, princesse qui joue le principal rôle dans le poème de Roland l’amoureux de Bojardo, et de Roland le furieux de l’Arioste.

Walckenaer

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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