Épitaphe de Claude Homonée

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Épitaphe de Claude Homonée


Épouse d’Atimète Affranchi de Tibère César Auguste

ATIMÈTE.

I – Si l’on pouvoit donner ses jours pour ceux d’un autre,
Et que par cet échange on contentât le sort,
Quels que soient les moments qui me restent encor,
Mon ame, avec plaisir, rachèteroit la vôtre :
Mais le destin l’avant autrement arrêté,
Je ne saurois que fuir les dieux et la clarté,
Pour vous suivre aux enfers d’une mort avancée.

HOMONÉE.

II. Quittez, ô cher époux ! cette triste pensée ;
Vous altérez en vain les plus beaux de vos ans :
Cessez de fatiguer par des cris impuissants
La Parque et le Destin, déités inflexibles.
Mettez fin à des pleurs qui ne les touchent point ;
Je ne suis plus : tout tend à ce suprême point.
Ainsi nul accident, par des coups si sensibles,
Ne vienne à l’avenir traverser vos plaisirs !
Ainsi l’Olympe entier s’accorde à vos désirs !
Veuille enfin Atropos, au cours de votre vie
Ajouter retendue à la mienne ravie !

III. Et toi, passant tranquille, apprends quels sont nos maux ;
Daigne ici t’arrêter un moment à les lire.

IV. Celle qui préférée aux partis les plus hauts,
Sur le cœur d’Atimète acquit un doux empire,
Qui tenoit de Vénus la beauté de ses traits,
De Pallas son savoir, des Grâces ses attraits,
Gît sous ce peu d’espace en la tombe enserrée,
Vingt soleils n’avoient pas ma carrière éclairée,
Le sort jeta sur moi ses envieuses mains ;
C’est Atimète seul qui fait que je m’en plains.
Ma mort m’afflige moins que sa douleur amère.

v. ö femme, que la terre à tes os soit légère !
Femme digne de vivre ; et bientôt puisses-tu
Recommencer de voir les traits de la lumière,
Et RECOUVRER LE BIEN QUE TON CŒUR A PERDU !

 

Ce sont les vœux du public ou de celui qui a élevé ce monument. ( Note de La Fontaine.) Wernsdorf attribue ces deux lignes à Atimète Je crois que notre poète a mieux saisi le sens de l’inscription.

Charles Athanase Walckenaer

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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