Épigramme contre Boileau

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Contre Boileau


1675

II est trois points dans l’homme de collège :
Présomption, injures, mauvais sens.
De se louer il a le privilège :
Il ne connoît arguments plus puissants.
Si l’on le fâche, il vomit des injures ;
Il ne connoît plus brillantes figures.
Veut-il louer un Roi, l’honneur des rois ?
Il ne le prend que pour sujet de thème.
J’avois promis trois points ; en voilà trois.
On y peut joindre encore un quatrième :
Qu’il aille voir la Cour tant qu’il voudra,
Jamais la Cour ne le décrassera.

 

Boileau-Despréaux
Boileau-Despréaux

1. Cette épigramme se trouve déjà textuellement dans les œuvres de La Fontaine, mais ce qui ne s’y trouve pas et ce qui donne à ce douzain un caractère tout nouveau, c’est l’intitule que nous rapportons tel que nous L’avons trouvé dans plusieurs manuscrits, notamment dans ceux de Traillage. La Fontaine était resté en bons rapports avec Boileau, et nous avons lieu de croire qu’il avait complètement oublié cette épigramme composée dans un moment d’humeur contre l’Aristarque du Parnasse. Celui-ci, au contraire, s’en souvenait tellement, qu’il n’a pas même, dans son Art poétique, consacré quelques vers au genre de la Fable, de peur d’être forcé de faire indirectement l’éloge de La Fontaine. Voy., sur cette épigramme et sur la désunion de La Fontaine et de Boileau, l’hist. de la vie et des ouvrages de M. J, de La Fontaine, par le baron Walckenaer, 3e édit., p. 237 et suiv.

Paul Lacroix

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C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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