Éloge à La Fontaine par Chamfort

Éloge à La Fontaine par Chamfort

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Éloge à La Fontaine par Chamfort :

Discours qui a remporté le Prix de L’Académie de Marseille en 1774     (Parties : 1234)

Sébastien-Roch Nicolas, qui prit par la suite le nom de Chamfort, né probablement à Clermont-Ferrand le 6 avril 1740 et mort le 13 avril 1794 à Paris, est un poète, journaliste et moraliste français.


Aesopo iagentcro statuais posuêre Attici.
PHED. L, II, épilog.

Nicolas ChamfortLe plus modeste des écrivains, La Fontaine, à lui-même, sans le savoir, fait son éloge, et presque son apothéose, lorsqu’il a dit que,
Si l’apologue est un présent des hommes,

Celui qui nous l’a fait mérite des autels.

C’est lui qui a fait ce présent à l’Europe ; et c’est vous, messieurs, qui, dans ce concours solennel, allez, pour ainsi dire, élever en son honneur l’autel que lui donnait notre reconnaissance. Il semble qu’il vous soit réservé d’acquitter la nation envers deux de ses plus grands poètes, ses deux poètes les plus aimables. Celui que vous associez aujourd’hui à Racine, non moins admirable par ses écrits, encore plus intéressant par sa personne, plus simple, plus près de nous, compagnon de notre enfance, est devenu pour nous un ami de tous les moments. Mais, s’il est doux de louer La Fontaine ; d’avoir à peindre le charme de cette morale indulgente qui pénètre dans le cœur sans le blesser, amuse l’enfant pour en faire un homme, l’homme pour en faire un sage, et nous mènerait à la vertu en nous rendant à la nature ; comment découvrir le secret de ce style enchanteur, de ce style inimitable et sans modèle, qui réunit tous les tons sans blesser l’unité ? Comment parler de cet heureux instinct, qui sembla le diriger dans sa conduite comme dans ses ouvrages ; qui se fait également sentir dans la douce facilité de ses mœurs et de ses écrits, et forma, d’une âme si naïve et d’un esprit fin, un ensemble si piquant et si original ? Faudra-t-il raisonner sur le senti¬ment, disserter sur les grâces, et ennuyer nos lecteurs pour montrer comment La Fontaine a charmé les siens ? Pour moi, messieurs, évitant de discuter ce qui doit être senti, et de vous offrir l’analyse de la naïveté, je tâcherai seulement de fixer vos regards sur le charme de sa morale, sur la finesse exquise de son goût, sur l’accord singulier que l’un et l’autre eurent toujours avec la simplicité de ses mœurs ; et dans ces différends points de vue, je saisirai rapidement les principaux traits qui le caractérisent. »
L’apologue remonte à la plus haute antiquité ; car il commença dès qu’il y eut des tyrans et des esclaves. On offre de face la vérité à son égal : on la laisse entrevoir de profil à son maître. Mais, quelle que soit l’époque de ce bel art, la philosophie s’empara bientôt de cette invention de la servitude, et en fit un instrument de la morale. Lokman et Pilpay dans l’Orient, Ésope et Gabrias dans la Grèce, revêtirent la vérité du voile transparent de l’apologue ; mais le récit d’une petite action réelle ou allégorique, aussi diffus dans les deux premiers que serré et concis dans les deux autres, dénué des charmes du sentiment et de la poésie, découvrait trop froidement, quoique avec esprit, la moralité qu’il présentait. Phèdre , né dans l’esclavage comme ses trois premiers prédécesseurs, n’affectant ni le laconisme excessif de Gabrias, ni même la brièveté d’Ésope, plus élégant, plus orné, parlant à la cour d’Auguste le langage de Térence ; Faërne, car j’omets Avienus trop inférieur à son devancier , Faërne, qui, dans sa latinité du seizième siècle, semblerait avoir imité Phèdre, s’il avait pu connaître des ouvrages ignorés de son temps, ont droit déplaire à tous les esprits cultivés; et leurs bonnes fables donne¬raient même l’idée de la perfection dans ce genre,
si la France n’eut produit un homme unique dans l’histoire des lettres, qui devait porter la peinture des mœurs dans l’apologue, et l’apologue dans champ de la poésie. C’est alors que la fable devient un ouvrage de génie, et qu’on peut s’écrier, comme notre fabuliste, dans l’enthousiasme que lui inspire ce bel art : C’est proprement un charme. Oui, c’en est un sans doute ; mais on ne l’éprouve qu’en lisant. La Fontaine, et c’est à lui que le charme a commencé.
L’art de rendre la -morale aimable existait à peine parmi nous. De tous les écrivains profanes, Montaigne seul (car pourquoi citerais-je ceux qu’on ne lit plus ?) avait approfondi avec agrément cette science si compliquée, qui, pour l’honneur du genre humain, ne devrait pas même être une science. Mais, outre l’inconvénient d’un langage déjà vieux, sa philosophie audacieuse ; sou¬vent libre jusqu’au cynisme, ne pouvait convenir ni à tous les âges, ni à tous les esprits ; et son ouvrage, précieux à tant d’égards, semble plutôt une peinture fidèle des inconséquences de l’esprit humain, qu’un traité de philosophie pratique. Il nous fallait un livre d’une morale douce, aimable, facile, applicable à toutes les circonstances, faite pour tous les états, pour tous les âges, et qui pût remplacer enfin, dans l’éducation, de la jeunesse,
» Les quatrains de Pibrac et les doctes sentences ;
Du conseiller Mathieu ; »
Molière.
car c’étaient là les livres de l’éducation ordinaire.
La Fontaine cherche ou rencontre le genre de la i fable que Quintilien regardait comme consacré à l’instruction de l’ignorance. Notre fabuliste, si profond ; aux yeux éclairés semble avoir adopté l’idée de Quintilien : écartant tout appareil d’instruction, toute notion trop compliquée pi prend sa philosophie dans les sentiments universels, dans les idées généralement reçues ; et pour ainsi dire, dans la morale, des proverbes qui ; après tout, sont le produit de l’expérience de tous les siècles. C’était le seul moyen d’être à jamais l’homme de toutes les nations ; car la morale, si simple en elle-même, devient contentieuse au point de former des sectes, lorsqu’elle veut remonter aux principes d’où dérivent ses maximes, principes presque toujours contestés. Mais La Fontaine, en partant des notions communes et des sentiments nés avec nous, ne voit point dans l’apologue un simple récit qui mène à une froide moralité ; il fait de son livre
Une ample comédie à cent acteurs divers.
C’est en effet comme de vrais personnages, dramatiques qu’il faut les considérer, et, s’il n’a point la gloire d’avoir eu le premier cette idée si heureuse d’emprunter aux différentes espèces d’animaux l’image des différents vices que réunit, la nôtre ; s’ils ont pu se dire comme lui :
Le roi de ces gens-là n’a pas moins de défauts Que ses sujets,
lui seul a peint les défauts que les autres n’ont fait qu’indiquer. Ce sont des sages qui nous conseillent de nous étudier ; La Fontaine nous dispense de cette étude, en nous montrant à nous-mêmes :
différence qui laisse le moraliste à une si grande distance du poète. La bonhomie réelle ou apparente qui lui fait donner des noms, des surnoms, des métiers aux individus de chaque espèce ; qui lui fait envisager les espèces mêmes comme des républiques, des royaumes, des empires, est une sorte de prestiges qui rend leur feinte existence réelle aux yeux de ses lecteurs. Ratopolis devient une grande capitale ; et l’illusion où il nous amène est le fruit de l’illusion parfaite où il a su se placer lui-même. Ce genre de talent si nouveau, dont ses devanciers n’avaient pas eu besoin pour peindre les premiers traits de nos passions, devient nécessaire à La Fontaine , qui doit en exposer à nos yeux les nuances les plus délicates : autre caractère essentiel, né de ce génie d’observation dont Molière était si frappé dans notre fabuliste.
Je pourrais, messieurs, saisir une multitude de rapports entre plusieurs personnages de Molière et d’autres de La Fontaine ; montrer en eux des ressemblances frappantes dans la marche et dans le langage des passions ; mais, négligeant les détails de ce genre, j’ose considérer l’auteur des fables d’un point de vue plus élevé. Je ne cède point au vain désir d’exagérer mon sujet, maladie trop commune de nos jours ; mais, sans méconnaître l’intervalle qui sépare l’art si simple de l’apologue, et l’art si compliqué de la comédie, j’observerai, pour être juste envers La Fontaine, que la gloire d’avoir été avec Molière le peintre le plus fidèle de la nature et de la société, doit rapprocher ici ces deux grands hommes. Molière, dans chacune de ses pièces, ramenant la peinture des mœurs à un objet philosophique, donne à la comédie la moralité de l’apologue ; La Fontaine, transportant dans ses fables la peinture des mœurs, donne à l’apologue une des grandes beautés de la comédie, les caractères. Doués, tous les deux, au plus haut degré du génie d’observation, génie dirigé dans l’un par une raison supérieure, guidé dans l’autre par un instinct non moins précieux, ils descendent dans le plus profond secret de nos travers et de nos faiblesses ; mais chacun, selon la double différence de son génie et de son caractère, les exprime différemment. Le pinceau de Molière doit être plus énergique et plus ferme ; celui de La Fontaine plus délicat et plus fin : l’un rend les grands traits avec une force qui le montre comme supérieur aux nuances ; l’autre saisit les nuances avec une sagacité qui suppose la science des grands traits. Le poète comique semble s’être plus attaché aux ridicules, et a peint quelquefois les for¬mes passagères de la société ; le fabuliste semble s’adresser davantage aux vices, et a peint une nature encore plus générale. Le premier me fait plus rire de mon voisin ; le second me ramène plus à moi-même. Celui-ci me venge davantage des sot-tises d’autrui ; celui-là me fait mieux songer aux miennes. L’un semble avoir vu les ridicules comme un défaut de bienséance, choquant pour la société ; l’autre, avoir vu les vices comme un défaut de raison, fâcheux pour, nous-mêmes. Après la lecture du premier, je crains l’opinion publique, après la lecture du second, je crains ma conscience.
Enfin l’homme corrigé par Molière, cessant d’être ridicule, pourrait demeurer vicieux: corrigé par La Fontaine, il ne serait plus ni vicieux ni ridicule , il serait raisonnable et bon ; et nous nous trouverions vertueux, comme La Fontaine était philosophe, sans nous en douter…
Tels sont les principaux traits qui caractérisent chacun de ces grands hommes; et si l’intérêt qu’inspirent de tels noms me permet de joindre à ce parallèle quelques circonstances étrangères à leur mérité, j’observerai que, nés l’un et l’autre précisément à la même époque, tous deux sans modèles parmi nous, sans rivaux, sans succes¬seurs, liés pendant leur vie d’une amitié constante, la même tombe les réunit après leur mort ; et que la même poussière couvre les deux écrivains les plus » originaux que la France ait jamais produits . Mais ce qui distingue La Fontaine de tous les moralistes, c’est la facilité insinuante de sa morale ; c’est cette sagesse, naturelle comme lui-même, qui paraît n’être qu’un heureux développement de son instinct. Chez lui, la vertu ne se présente point environnée du cortège effrayant qui l’accompagné d’ordinaire : rien d’affligeant, rien de pénible. Offre-t-il quelque exemple de générosité, quelque sacrifice, il le fait naître de l’amour, de l’amitié, d’un sentiment si simple, si doux que ce sacrifice même a du paraître un bonheur. Mais, s’il écarte en général les idées tristes d’efforts, de privations, de dévouement, il semble qu’ils cesseraient d’être nécessaires, et que la société n’en aurait plus besoin. Une vous parle que de vous-même ou pour vous-même ; et de ses leçons, ou plutôt de ses conseils, naîtrait le bon¬heur général. Combien cette morale est supérieure à celle de tant de philosophes qui paraissent n’avoir point écrit pour des hommes, et qui taillent, comme dit Montaigne, nos obligations à la raison d’un autre être ! Telles sont en effet la misère et la vanité de l’homme, qu’après s’être mis au-dessous de lui-même par ses vices, il veut ensuite s’élever au-dessus de sa nature par le simulacre imposant des vertus auxquelles il se condamne ; et qu’il deviendrait, en réalisant les chimères de son orgueil, aussi méconnaissable à lui-même par sa sagesse, qu’il l’est en effet par sa folie. Mais, après tous ces vains efforts, rendu à sa médiocrité naturelle, son cœur lui répète ce mot d’un vrai sage : que c’est une cruauté de vouloir élever l’homme à tant de perfection. Aussi tout ce faste philosophique tombe-t-il devant la raison simple, mais lumineuse, de La Fontaine. Un ancien osait dire qu’il faut combattre souvent les lois par la nature : c’est par la nature que La Fontaine combat les maximes outrées de la philosophie. Son livre est la loi naturelle en action : c’est la morale de Montaigne épurée dans une âme plus douce, rectifiée par un sens encore plus droit, embellie des couleurs d’une imagination plus aimable, moins forte peut-être, mais non pas moins brillante.
N’attendez point de lui ce fastueux mépris de la mort, qui, parmi quelques leçons d’un courage trop souvent nécessaire à l’homme, a fait débiter aux philosophes tant d’orgueilleuses absurdités. Tout sentiment exagéré n’avait point de prise sur son âme, s’en écartait naturellement ; et la facilité même de son caractère semblait l’en avoir préservé. La Fontaine n’est point le poète de l’héroïsme : il est celui de la vie commune, de la raison vulgaire. Le travail, la vigilance, l’économie, la prudence sans inquiétude, l’avantage de vivre avec ses égaux, le besoin qu’on peut avoir de ses inférieurs, la modération, la retraite, voilà ce qu’il aime et ce qu’il fait aimer. L’amour, cet objet de tant de déclamations, Ce mal qui peut-être est un bien, dit La Fontaine, il le montre comme une faiblesse naturelle et intéressante. Il n’affecte point ce mépris pour l’espèce humaine, qui aiguise la satire mordante de Lucien, qui s’annonce hardiment dans les écrits de Montaigne, se découvre dans la folie de Rabelais, et perce quelquefois même dans l’enjouement d’Horace.- Ce n’est point cette austérité qui appelle, comme dans Boileau, la plaisanterie au secours d’une raison sévère, ni cette dureté misanthropique de la Bruyère et de Pascal, qui, portant le flambeau dans l’abîme du cœur humain, jette une lueur effrayante sur ses tristes profondeurs. Le mal qu’il peint, il le rencontre : les autres l’ont cherché. Pour eux, nos ridicules sont des ennemis dont ils se vengent : pour La Fontaine, ce sont des passants incommodes dont il songe à se garantir ; il rit et ne hait point (r). Censeur assez indulgent de nos faiblesses, l’avarice est de tous nos travers celui qui paraît le plus révolter son bon sens naturel. Mais, s’il n’éprouve et n’inspire point
Ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses, au moins préserve-t-il ses lecteurs du poison de la misanthropie, effet ordinaire de ces haines. L’âme, après la lecture de ses ouvrages, calme, reposée, et pour ainsi dire, rafraîchie comme au retour d’une promenade solitaire et champêtre, trouve en soi-même une compassion douce pour humanité, une résignation tranquille à la providence, à la nécessité, aux lois de l’ordre établi ; enfin l’heureuse disposition de supporter patiemment les défauts d’autrui, et même les siens, leçon qui n’est peut-être pas une des moindres que puisse donner la philosophie. Ici, messieurs, je réclame pour La Fontaine l’indulgence dont il a fait l’âme de sa morale ; et déjà l’auteur, des fables a sans doute obtenu la grâce de l’auteur des contes : grâce que ses derniers moments ont encore mieux sollicitée. Je le vois, dans son repentir, imitant en quelque sorte ce héros dont il fut estimé, qu’un peintre ingénieux nous représente déchirant de son histoire le récit des exploits que sa vertu condamnait ; et si le zèle d’une pieuse sévérité reprochait encore à La Fontaine une erreur qu’il a pleurée lui-même, j’observerais qu’elle prit sa source dans l’extrême simplicité de son caractère ; car c’est lui qui, plus que Boileau,
Fit, sans être malin, ses plus grandes malices ;
BOILEAU.
je remarquerais que les écrits de ce genre ne passèrent long-temps que pour des jeux d’esprit, des joyeuses folâtres, comme le dit Rabelais dans un livre plus licencieux , devenu la lecture favorite , et publiquement avouée, des hommes les plus graves de la nation ; j’ajouterais que la reine de Navarre , princesse d’une conduite irréprochable et même de mœurs austères, publia des contes beaucoup plus libres, sinon par le fond, du moins par la forme, sans que la médisance se permît, même à la cour, de soupçonner sa vertu. Mais, en abandonnant une justification trop difficile de nos jours, s’il est vrai que la décence dans les écrits augmente avec la licence des mœurs, bornons-nous à rappeler que La Fontaine donna dans ses contes le modèle de la narration badine ; et, puisque je me permets d’anticiper ici sur ce que je dois dire de son style et de son goût, observons qu’il eut sur Pétrone , Machiavel et Bocace, malgré leur élégance et la pureté de leur langage, cette même supériorité que Boileau ,dans sa dissertation, sur Joconde, lui donne sur l’Arioste lui-même. Et parmi ses successeurs, qui pourrait-on lui comparer ? serait-ce ou Vergier, ou Grécourt, qui, dans la faiblesse de leur style, négligeant de racheter la liberté du genre par la décence de l’expression, oublient que les Grâces, pour être sans voile, ne sont pourtant pas sans pudeur ? ou Sénecé, estimable pour ne s’être pas traîné sur les traces de La Fontaine en lui demeurant inférieur ? ou l’auteur de la Métromanie, dont l’originalité, souvent heureuse, paraît quelque fois trop bizarre ? Non sans doute, et il faut remonter jusqu’au plus grand poète de notre âge ; exception glorieuse à La Fontaine lui-même, et pour laquelle il désavouerait le sentiment qui lui dicta l’un de ses plus jolis vers :
L’or se peut partager ; mais non pas la louange.
Où existait avant lui, du moins au même degré, cet art de préparer, de fondre, comme sans dessein, les incidents ; de généraliser des peintures locales ; de ménager au lecteur ces surprises qui font l’âme de la comédie ; d’animer ses récits par cette gaîté de style, qui est une nuance du style comique, relevée par les grâces d’une poésie légère qui se montre et disparaît tour à tour ? Que dirai-je de cet art charmant de s’entretenir avec son lecteur, de se jouer de son sujet ; de changer ses défauts en beautés, de plaisanter sur les objections, sur les invraisemblances ; talent d’un esprit supérieur à ses ouvrages, et sans lequel on demeure trop souvent au-dessous ? Telle est la portion de sa gloire que La Fontaine voulait sacrifier ; et j’aurais essayé moi-même d’en dérober le souvenir à mes juges, s’ils n’admiraient en hommes de goût ce qu’ils réprouvent par des motifs respectables, et si je n’étais forcé d’associer ses contes à ses apologues en m’arrêtant sur le style de cet immortel écrivain.

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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