Dessins de François Chauveau

Illustrations de François Chauveau

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Dessins de François Chauveau.


L’édition princeps des six premiers livres des Fables de La Fontaine a été publiée en petit in-40 par Claude Barbin en 1668. Les Fables de Faërne, Verdizotti et Baudoin ont paru avec des figures à page entière ; Barbin, par une parcimonie regrettable, n’a pas imité cet exemple. II a fait dessiner et graver à grands traits par François Chauveau ¹ de petites vignettes (hauteur, 70 millimètres; largeur, 5 5 millimètres) qui sont placées chacune en tête d’une fable. Heureusement, comme La Fontaine a aidé Chauveau de ses conseils et lui a donné des modèles en lui mettant sous les yeux les recueils de Corrozet, de Faerne, de Verdizotti, de Sadeler et de Baudoin, les petites figures de Chauveau rachètent leur exiguïté par l’expression et par l’originalité. Nous les décrivons toutes, et nous montrons par deux d’entre elles qu’elles interprètent fidèlement la pensée du fabuliste.

Livre premier. 1. La Cigale et la Fourmi. (Figure 29.) La terre est couverte de neige. La Cigale s’avance vers la Fourmi à laquelle le creux d’un arbre sert de refuge. A la Cigale correspondent deux mendiants qui se chauffent avec du bois mort; derrière la Fourmi on aperçoit une maisonnette bien close dont l’habitant, appuyé sur une canne, interpelle les deux mendiants. — Cette figure est très remarquable, parce que c’est le premier exemple d’une interprétation où les animaux de la fable ont pour équivalents des personnages humains. Grandville a évidemment emprunté à Chauveau l’idée de sa première figure si populaire : il a ouvert la porte de sa maisonnette, et placé sur le seuil une Cigale costumée en chanteuse qui mendie et une Fourmi costumée en paysanne qui refuse l’aumône. Doré s’est plus rapproché encore de Chauveau en substituant aux animaux des personnages humains, une Chanteuse et une Paysanne.
2 – Le Corbeau et le Renard. Le Renard tient un fromage dans sa gueule, et, par ses gestes, raille le Corbeau, dont l’attitude exprime la confusion.

La Cigale et la Fourmi par François Chauveau
La Cigale et la Fourmi par François Chauveau
Le Corbeau et le renard par François Chauveau
Le Corbeau et le renard par François Chauveau

 

 

 

 

 

 

 

Pour apprécier les figures de Chauveau, il faut les comparer avec celles des recueils que La Fontaine lui a mis sous les yeux et que nous avons ci-dessus passés en revue, Emblèmes d’Alciat, Fables de Corrozet, Fables de Faërne, Figures de Verdizotti, Figures de Sadeler, Fables de Baudoin. On voit que, s’il leur a beaucoup emprunté, il est cependant original dans ses meilleures compositions, la Cigale et la Fourmi, la Besace, le Loup et les Brebis, le Jardinier et son Seigneur, le Charlatan, le Coche et la Mouche, l’Ingratitude et l’Injustice des hommes envers la Fortune, le Lion, le Loup et le Renard, le Cochon, la Chèvre et le Mouton.
D’un autre côté, les successeurs de Chauveau ont imité un certain nombre de ses figures en leur donnant un caractère plus artistique. Ainsi Oudry leur doit l’idée de quelques-unes de ses meilleures compositions, le Rat de ville et le Rat des Champs, le Lion devenu vieux, le Lion amoureux, la Vieille et les deux Servantes, l’Homme qui court après la Fortune et l’Homme qui l’attend dans son lit, l’Horoscope, le Fou qui vend la sagesse, etc. Simon et Coiny ont aussi fait des emprunts à Chauveau dans le Loup plaidant contre le Renard par devant le Singe, Parole de Socrate, le Serpent et la Lime, le Rieur et les Poissons, le Singe et le Léopard, etc.


¹ Chauveau a illustré avec talent les premières éditions de Pierre Corneille et de Thomas Corneille, de Molière, de Racine, etc. Il se distinguait par sa facilité, mais il entamait le cuivre avec trop de vigueur. Voir les figures citées par Lacroix, Institutions du XVII siècle, p. 517, et Arts du XVII siècle, p. 259, 291.

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On vous recommande : l'Art de lire les fables

C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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