Contre La Loubère

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Sur La Loubère à l’Académie Française


1693

Simon de LA LOUBÈRE – Élu en 1693, né à Toulouse en 1642 et mort le 26 mars 1729 à Montesquieu-Volvestre, diplomate et poète français.

 

Pour académicien vous aurez la Loubère :
Pontchartrain veut qu’on le préfère
Au mérite le plus certain.
Il le sera, quoiqu’on en die ;
C’est un impôt que Pontchartrain
Veut mettre sur l’Académie.

 

Description du royaume de Siam, Volume 1 Par Simon de La Loubère1. Cette épigramme, qui courut dans Paris peu de jours avant la réception de Simon La Loubère a l’Académie française en 1693, fut généralement attribuée à La Fontaine. L’abbé Ladvocat, dans son Dictionnaire historique, édition de 1760, a rappelé cette attribution qu’on peut regarder comme incontestable ; car elle n’a pas été mise en doute par les critiques et les biographes les plus exacts. M. Weiss lui-même, dans la Biographie universelle de Michaud, article La Loubère, semble partager, a cet égard, l’opinion de l’abbé Ladvocat. Il est certain que La Loubère, qui fut nommé académicien a la place de l’abbé Tallemant, grâce aux démarches et aux sollicitations du chancelier Ponchartrain, n’avait pas rencontré beaucoup de sympathie auprès des illustres de l’Académie française, lesquels s’efforcèrent en vain de s’opposer a son élection. Cette épigramme mordante a paru sans doute pour la première fois dans un recueil périodique fort rare, intitulé : Les Dépêches du Parnasse ou la Gazette des Savants. Troisième Dépêche. Du 1er octobre 1693 (sans nom de lieu ni d’imprimeur, in-12, p. 26)) où le rédacteur anonyme, après avoir mentionné avec éloge la réception solennelle de La Loubère et le discours qu’il prononça devant l’Académie, ajoute : « Malgré le mérite de M. de La Loubère, on n’a pas laissé de dire que la faveur a eu part à sa réception, de quoi on s’est expliqué par cette épigramme. » Le rédacteur mérite le plus certain. Il le sera, quoiqu’on en dise : C’est un impôt que Pontchartrain veut mettre sur l’Académie.
des Dépêches du Parnasse était Vincent Minutoli, ami de Bayle; quoiqu’il l’ut alors fixé à Genève, sa ville natale, nous pouvons constater qu’il était toujours bien informé de ce qui se passait dans les coteries littéraires de Paris ; voici ce qu’il dit de La Fontaine dans la seconde Dépêche datée du 15 septembre 1693 : « Quoique La Fontaine, auteur de tant de jolies fables que l’on estimait également et pour la versification et pour le sens, ne soit plus en état d’en composer et ne songe plus qu’à la dévotion, parce que sa santé déplorée veut qu’il ne pense qu’a la mort, il ne manque pas d’autres gens qui s’exercent en ce même genre d’écrire, où il excellait si fort, qu’il était un des trois qu’on reconnaissait pour les bons rimeurs, témoin le rondeau contre Benserade :

A La Fontaine où s’enyvre Boileau,
Le grand Corneille et le sacré troupeau
De ces auteurs, dont on ne trouve guère… »

Paul Lacroix

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« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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