Conte: Les deux amis

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icon-angle-double-right Contes de La Fontaine

Autre conte tiré d’Athénée

Axiochus avec Alcibiades
Jeunes, bien faits, galants, et vigoureux,
Par bon accord comme grands camarades,
En même nid furent pondre tous deux.
Qu’arrive-t-il? L’un de ces amoureux
Tant bien exploite autour de la donzelle,
Qu’il en naquit une fille si belle,
Qu’ils s’en vantaient tous deux également.
Le temps venu que cet objet charmant
Put pratiquer les leçons de sa mère;
Chacun des deux en voulut être amant;
Plus n’en voulut l’un ni l’autre être père.
Frère, dit l’un, ah! vous ne sauriez faire
Que cet enfant ne soit vous tout craché.
– Par bieu, dit l’autre, il est à vous, compère:
Je prends sur moi le hasard du péché.

“Conte: Les deux amis”

Chez La Fontaine, la bonté du cœur n'excluait pas la malice de l'esprit; mais ce n'était pas contre les individus que s'exerçait cette malice; il s'attaquait à l'inépuisable fonds de la nature humaine, et c'est elle qui fournit ample matière aux types immortels qu'il a mis en scène.Alexandre Rodolphe Vinet

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