Conte: Le baiser rendu

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Guillot passait avec sa mariée.
Un gentilhomme à son gré la trouvant:
Qui t’a, dit-il, donné telle épousée?
Que je la baise, à la charge d’autant.
– Bien volontiers, dit Guillot à l’instant:
Elle est, Monsieur, fort à votre service.
Le Monsieur donc fait alors son office;
En appuyant; Perronnelle en rougit.
Huit jours après ce gentilhomme prit
Femme à son tour: à Guillot il permit
Même faveur. Guillot tout plein de zèle:
Puisque Monsieur, dit-il, est si fidèle,
J’ai grand regret, et je suis bien fâché
Qu’ayant baisé seulement Perronnelle,
Il n’ait encore avec elle couché.

“Conte: Le baiser rendu”

Chez La Fontaine, la bonté du cœur n'excluait pas la malice de l'esprit; mais ce n'était pas contre les individus que s'exerçait cette malice; il s'attaquait à l'inépuisable fonds de la nature humaine, et c'est elle qui fournit ample matière aux types immortels qu'il a mis en scène.Alexandre Rodolphe Vinet

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