Causeries familières sur les Fables de La Fontaine

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Causeries familières sur les Fables de La Fontaine


Édouard Ledeuil (1838-1905), né à Rennes, 02-03-1838O, mort à Chateau-du-Loir (Sarthe), 01-01-1905 – Officier militaire, homme de lettres. – Directeur de la Librairie française à Bâle, Suisse
Pseudos : Lieutenant-colonel Ledeuil (1838-1905) – Lucifer¹ (1838-1905)


  1. La Cigale et la Fourmi

Lucifer¹. Brochures à l’adresse de l’évêque Dupanloup (1869), publiées sous ce nom par Édouard Ledeuil, ancien officier d’infanterie, depuis conseiller municipal de Vincennes, lieutenant-colonel de francs-tireurs, et enfin libraire-éditeur à Bâle.


Avant-propos

portrait-la-fontaineQui de nous, aux jours de fête de la famille, n’a pas récité, enfant, une fable ou des fables de La Fontaine ? Mais qui de nous pourrait assurer qu’il comprenait ce qu’il disait ? Qui enfin n’a vu, depuis, des parents en défendre la lecture à leurs enfants, comme étant au-dessus de la portée de leur intel­ligence ?
La Fontaine est diversement apprécié, en effet : pour les uns, le Conteur est si clair qu’il n’est pas besoin de l’expliquer ; pour les autres, sa parole est si pure et son sens si profond qu’il ne saurait être goûté que des lettrés et entendu que des gens graves.
A notre avis, les fables de La Fontaine sont le premier livre à mettre entre les mains des enfants,
à la condition que des observations, proportionnées à leur avancement intellectuel, leur en fassent sentir les beautés de langage et de pensée. Aucun auteur n’a mieux écrit que notre fabuliste ; aucun philo­sophe, mieux traité de morale ; aucun, dit les choses difficiles avec tant de simplicité et les choses simples avec tant de grâce. Le cœur et le style gagnent avec un pareil maître plus qu’avec tout autre ; et, s’il est vrai que la première éducation laisse des traces ineffaçables, l’homme qui aura été nourri, jeune, des expressions, des tours de phrase et des maximes de La Fontaine se reconnaîtra, plus tard, à son parler élégant et à sa pensée sérieuse.
Cependant nous ne croyons pas qu’on ait encore réuni dans un texte les explications que nous dési­rons. La plupart des éditions contiennent bien des notes ; mais les notes, quel que soit d’ailleurs leur mérite, auront toujours contre elles leur abord froid et aride, qui rebute les écoliers les plus courageux de les aller visiter au fond des pages où elles semblent reléguées, sinon perdues. Ou ils y supposent des notions de science transcendante pour leur taille, ou ils les tiennent comme superflues et, pour ces raisons ou d’autres analogues dont leur paresse naturelle se trouve bien, ils ne les lisent môme pas.
Pénétré des services que pourrait rendre un ouvrage du genre que nous signalons, nous avons tenté l’entreprise pour les fables du premier livre.
Nous adressant de préférence au jeune âge, nous avons dû sacrifier à la clarté et faire de la démons­tration plus que du discours, de la grammaire plus que de la poétique.
Réduite à ces proportions, la tâche n’était pas sans des difficultés, que nous ne sommes pas assurés d’avoir toutes vaincues ; aussi nous sommes-nous couvert du titre très-humble de Causeries familières, sans autre ambition, comme nous, que de faire entrevoir le charme qu’on peut trouver à la lecture du fabuliste, la manière de l’apprendre et de le re­tenir, et le respect, l’admiration enfin que mérite l’une des plus grandes gloires littéraires qu’ait jamais eues la France.

Causeries familières sur les Fables de La Fontaine ([2e édition]) / par Édouard Ledeuil
Ledeuil, Édouard (1838-1905). Auteur du texte E. Leroux (Paris) 1875

Au travers de toute sa vie, La Fontaine, malgré sa nature joyeuse, épicurienne, sans ostentation cependant, a gardé un arrière-fonds de mélancolie… » Paul Nayrac

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