Ballade XIII sur le nom de Louis le Hardi

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Ballade XIII sur le nom de Louis le Hardi


que les soldats ont donné à Monseigneur pendant le siège de Philisbourg

1688

Un de nos fantassins, très bon nomenclateur,
Du titre de hardi baptisant Monseigneur,
Le fera sous ce nom distinguer dans l’histoire.
Ce soldat par chacun fut d’abord applaudi :
Le prince et son parrain firent dire à leur gloire
« Louis le bien nommé, c’est Louis le Hardi. »

D’un pareil nom de guerre on traitait les neuf preux
Notre jeune héros le mérite mieux qu’eux.
J’aime les sobriquets qu’un corps de garde impose
Ils conviennent toujours ; et, quant à moi, je di,
Pour ajouter encor quelque lustre à la chose :
« Louis le bien nommé, c’est Louis le Hardi. »

Adam, qui sur les fonts tint les êtres divers
Dont il plut au Seigneur de peupler l’Univers,
Adam, parrain banal de toutes ces familles,
Et qui n’imposait par les noms en étourdi,
N’y rencontrait pas mieux qu’ont fait ces bons soudrilles :
Louis le bien nommé, c’est Louis le Hardi.

Envoi

L’homme n’engendre guère à soixante et dix ans.
Si le cas m’arrivait, comme à certaines gens,
J’irais à ce soldat, et, sans tant de mystère,
Tout autre choix à part, je dirais : « Cadédi,
Viens tenir mon enfant, tu seras mon compère
Louis le bien nommé, c’est Louis le Hardi *. »

 

– Philisbourg fut pris par le dauphin en octobre 1688, après dix-neuf jours de tranchée ouverte.
– Le final est supprime pour la rime et par licence poétique.

* Var. Selon une copie manuscrite citée par Matthieu Marais , p. 108 de son ouvrage, cet envoi avait d’abord été composé de la manière suivante :

L’homme n’engendre guère à soixante-dix ans ;
Cependant écoutez tous, messieurs mes parents :
De quelque nouveau fils si j’allois être père.
Voyant que ce soldat n’est pas un étourdi :
Viens tenir mon enfant, dirois-je à ce compère,
Louis le bien nommé, c’est Louis-le-Hardi.

Walckenaer

Par Artiste inconnu

« Les petits drames de notre fabuliste sont une imitation parfaite de la nature ; son style, plein de grâce, a toute la limpidité d'une pensée naïve et simple; néanmoins, on ne le comprend pas toujours. » Voltaire a dit aussi : « Les Fables de La Fontaine ont besoin de « notes, surtout pour l'instruction des étrangers. » Aimé-Martin

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