Ballade II, à Mme Fouquet

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A Mme Fouquet pour le 1er. terme



Juillet, 1659

Comme je vois Monseigneur votre époux
Moins de loisir qu’homme qui soit en France,
Au lieu de lui, puis-je payer à vous ?
Serait-ce assez d’avoir votre quittance ?
Oui, je le crois ; rien ne tient en balance
Sur ce point-là mon esprit soucieux.
Je voudrais bien faire un don précieux ;
Mais si mes vers ont l’honneur de vous plaire,
Sur ce papier promenez vos beaux yeux.
En puissiez-vous dans cent ans autant faire !
Je viens de Vaux, sachant bien que sur tous
Les Muses font en ce lieu résidence ;
Si leur ai dit, en ployant les genoux
« Mes vers voudraient faire la révérence
A deux soleils de votre connaissance,
Qui sont plus beaux, plus clairs, plus radieux
Que celui-là qui loge dans les cieux ;
Partant, vous faut agir dans cette affaire,
Non par acquit, mais de tout votre mieux.
En puissiez-vous dans cent ans autant faire ! »
L’une des neuf m’a dit d’un ton fort doux
(Et c’est Clio, j’en ai quelque croyance)
« Espérez bien de ces yeux et de nous. »
J’ai cru la Muse ; et sur cette assurance
J’ai fait ces vers, tout rempli d’espérance.
Commandez donc en termes gracieux
Que, sans tarder, d’un soin officieux,
Celui des Ris qu’avez pour secrétaire
M’en expédie un acquit glorieux.
En puissiez-vous dans cent ans autant faire !

Envoi

Reine des cœurs, objet délicieux,
Que suit l’enfant qu’on adore en des lieux
Nommés Paphos, Amathonte et Cythère,
Vous qui charmez les hommes et les dieux,
En puissiez-vous dans cent ans autant faire !

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