A s’y méprendre !

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La scène du cardinal de Rohan et de Mlle Oliva


Ce premier bosquet, en sortant de  l’orangerie, est celui de Vénus ou de la Reine, autrefois le labyrinthe. Ce bosquet a pris son nom d’un entrelacement de plusieurs allées bordées de palissades, où on pouvait s’égarer. A chaque détour on trouvait une fontaine ornée de deux bassins en rocailles et d’une fable d’Esope en sculpture. Le dessin de ces fables fut donné par Lebrun, et les inscriptions en vers qui se trouvaient au-dessous, composées par Benserade. A l’entrée était une statue d’Ésope, et une autre de l’Amour. Le temps qu’on passait à examiner chacune de ces fables, et à lire les vers, faisait oublier la route qu’on devait suivre ; tels étaient les jeux d’esprit et le genre d’embellissement des jardins : on n’était pas encore tombé dans le romantisme, qui amena les chaumières, les chapelles et les tombeaux. Ce bosquet a été changé en une plantation fort belle d’arbres exotiques, dont le milieu forme un quinconce de tulipiers, qui entoure la statue de Vénus. Le portrait de La Fontaine et une circonstance touchante de sa vie nous ont paru bien placés dans un lieu qui retrace le souvenir de son maître. C’est dans ce bosquet que fut jouée cette scène qui fit tant de bruit, où un homme d’un rang élevé, mais d’un caractère faible, fut la dupe d’une intrigante effrontée, la scène du cardinal de Rohan et de mademoiselle Oliva.

  Une taille assez semblable à celle de la reine Marie-Antoinette, l’imitation d’un costume qu’elle portail quelquefois, et surtout la préoccupation d’une âme exaltée, firent supposer au cardinal qu’il avait enfin retrouvé la faveur qu’il savait avoir perdue par son inconséquence, et qu’il aurait voulu reconquérir au prix de sa fortune entière. Si la malheureuse princesse eût été coupable, le mystère eût couvert ses torts, mais l’indignation de la vertu outragée donna plus de prise à la malveillance que ne l’aurait fait la faiblesse, et commença la longue suite des malheurs dont elle finit par être victime.

 

 

 

Illustrations :– (texte) – Versailles : ancien et moderne, Alexandre comte de Laborde. Impr. Schneider et Langrand, 1841.
– (haut) – Œuvres de Molière-1850.

 

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On vous recommande : l'Art de lire les fables

C’est à l’usage de ceux qui lisent mal les Fables de La Fontaine, et de ceux qui es lisent trop bien, que nous publions ces essais de lecture à haute voix ou de récitation. La méthode, s’il est permis de donner ce nom ‘à une nouvelle disposition typographique, est simple et d’une application facile. Elle consiste seulement à suivre, en lisant, les indications suivantes qui ont rapport à la ponctuation, au trait —, au double trait =, à l’alinéa et aux mots italiques. La ponctuation simple — représente une pause variable...

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