Précis sur La Fontaine par Diderot

Jean de La Fontaine le 8 juillet 1621, à Château-Thierry.
Sa famille y tenait un rang honnête.Son éducation fut négligée ; mais il  avait reçu le génie, qui répare tout.
Jeune encore, l’ennui du monde le conduisit dans la retraite : le goût de l’indépendance l’en tira.
Il avait atteint l’âge de vingt-deux ans, lorsque quelques sons de la lyre de Malherbe, entendus par hasard, éveillèrent en lui la muse qui sommeillait…  lire la suite

Edito : – 31 MARS 1668 –

Quel événement d’importance peut bien se cacher derrière cette date, date qui ne semble pas avoir été retenue par la mémoire nationale ? Elle est si lointaine, si inconnue, si indifférente qu’il serait étrange de la citer, si ce n’est dans un « trivial pursuit », où elle apparaîtrait comme une gageure, un mystère. Oui, en effet, que pouvait-il bien s’être passé le 31 Mars 1668 ? La fin d’une des éternelles guerres en Europe, le commencement d’une nouvelle, la mort du Roi, un cataclysme, une Jacquerie, une famine, la peste… Non, non, …Guy Le Ray – Contributeur – lire la suite

Edito : La Fontaine le Géant

Bien avant de commencer sa carrière littéraire chez Nicolas Fouquet, La Fontaine entre à 18 ans à l’Oratoire, austère Congrégation religieuse de l’époque. Est-ce une vocation venant de lui-même, une vocation suscitée par un prêtre ou sa famille ? C’est d’autant plus surprenant qu’il est l’aîné de la famille et que la carrière religieuse est plutôt destinée au cadet, qui plus est la famille a des revenus. Un instant, imaginons le jeune La Fontaine vêtu d’une soutane noire, barrette sur la tête, passant des prières plus que matinales, aux méditations, à l’étude de la théologie, toutes disciplines redoutables, étrangères à l’esprit déjà rêveur du jeune homme. Se situe d’ailleurs pendant cette période une anecdote qui montre en gestation le La Fontaine de la fable, anecdote relatée par un historien, ancien de l’Oratoire…Guy Le Ray – Contributeur – lire la suite

Anecdote :

Depuis son siècle jusqu’au nôtre, le concert d’éloges n’a pas cessé; çà et là mêlé, sans doute, de quelque protestation, comme il arrive pour toute renommée supérieure; mais le sentiment public s’est toujours prononcé avec force contre les détracteurs de notre poète. La France partage encore l’avis de Mme de Sévigné disant ; » Les fables de La Fontaine sont divines; on croit d’abord en distinguer quelques-unes, et à force de les relire on les trouve toutes bonnes…. Il y a de certaines choses qu’on n’entend jamais quand on ne les entend pas d’abord. On ne fait point entrer certains esprits durs et farouches dans a facilité des Fables de La Fontaine. Cette porte leur est fermée et la mienne aussi. »

Éloges et jugements littéraires :

Le génie de La Fontaine a été reconnu et célébré par ses contemporains, comme il l’est de la postérité depuis deux siècles. Mme de Sévigné, en 1679, écrivait à Bussy : « Faites-vous envoyer promptement les Fables de La Fontaine; elles sont divines. On croit d’abord en distinguer quelques-unes, et, à force de les relire, on les trouve toutes bonnes. C’est une manière de narrer et un style à quoi l’on ne s’accoutume point. »…lire la suite

Pensée :

Louis Moland : Comme les mille ruisseaux épars dans une contrée se réunissent par une disposition favorable des terrains et forment une large rivière, ainsi toute l’histoire de la Fable vint s’absorber dans l’œuvre de La Fontaine.

Articles au hasard :

Portrait  de La Fontaine :

..Ces lettres, qu’il adresse à sa femme, à ses amis, à ses protecteurs, celles que lui adressent les Conrart, Vergier, Racine, Maucroix et quelques autres contemporains, jettent une vive lumière sur le caractère de l’homme, sur la situation à part que la société d’alors lui fit, sur le monde où il était reçu, et les éminentes relations qu’il s’était créées, enfin sur le cours d’ailleurs fort peu accidenté… Voir les lettres

Fables de La Fontaine :

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Charles Athanase Walckenaer

“Maître La Fontaine” a choisi Walckenaer comme un des principaux commentateurs de l’œuvre de La Fontaine sur ce site. Walckenaer, est un  historien,  devenu une référence incontestée  dans la connaissance de la vie et des œuvres de notre fabuliste. Son érudition et ses recherches approfondies sur notre poète n’ont jamais été égalées, le commentaire de Féletz semble aller dans ce sens.

« M. Walckenaer découvre toutes les allusions les plus cachées, connaît, à force de recherches, et nous dévoile les noms et les personnages les plus Ignorés, nous fait mieux connaître ou nous présente sous d’autres rapports ceux que nous connaissions déjà, fait entrer plusieurs histoires dans une seule histoire, multiplie les anecdotes et les portraits, et varie ainsi ses ressources pour attacher et captive ses lecteurs (de Féletz, ib, 363)

Louis Moland

Louis Moland : Il n’y a qu’une opinion, qu’un sentiment sur les fables de La Fontaine. C’est à peine, en effet, s’il est nécessaire de tenir compte des rares détracteurs qu’elles ont eus. On peut dire que ces quelques voix discordantes ne troublent pas le concert d’admiration unanime dont l’œuvre du fabuliste a été l’objet. Les jugements de la critique ne présentent entre eux que les différences de ton et d’accent résultant des modes divers d’apprécier les productions de la littérature et de l’art qui se sont succédé depuis La Fontaine jusqu’à nos jours.