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P.-J. Stahl

P.-J. Stahl sur La Fontaine

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P.-J. Stahl sur La Fontaine :


“Pierre-Jules Hetzel, né le 15 janvier 1814 à Chartres et mort le 17 mars 1886 à Monte-Carlo, est un éditeur français et un écrivain connu sous le pseudonyme de P.-J. Stahl.”

P.-J. Stahl, : « De notre temps une certaine école ultrapédante a cru devoir faire, au nom de la science qui ne lui avait pas donné de mission, une croisade contre l’imagination, contre le merveilleux. Elle a prétendu bannir les contes, la féerie, la fiction, je ne dis pas seulement de l’éducation, mais même de la récréation de l’enfance.
« A en croire ces prétendus amis de la science, oublieux en cela des merveilles de la science elle-même, il ne faudrait rien mettre sous les yeux de l’enfance que la stricte et crue réalité. A l’âge où l’imagination seule est éveillée, où c’est par elle seule, par conséquent, qu’il est possible d’arriver au cœur et à la raison de l’enfant, c’est à celte raison qui n’est pas née, à cette raison encore absente qu’ils veulent qu’on s’adresse. Cependant, que diraient ces braves gens si on leur imposait de donner de la chair saignante à leurs nouveaux-nés avant leur première dent, et d’enfermer dans des culottes, des bottes ou des corsets, leurs petits membres en voie de formation et d’expansion. Ce système serait pourtant au physique l’équivalent de celui qu’ils voudraient infliger à nos enfants pour le moral.

Les deux Taureau et la Grenouille
Les deux Taureau et la Grenouille

« Je ne sais pas de pires ennemis de la science que ces déplaisants apôtres. C’est grâce à eux qu’elle est si souvent détestée par nombre d’enfants sevrés trop tôt de ce bon lait du merveilleux, du conte et de la féerie qui a enchanté l’esprit des générations passées. Ces réalistes de l’instruction ont toutefois jusqu’ici respecté un merveilleux, celui de la fable, celui de La Fontaine. Quoi de plus merveilleux pourtant et de moins réel, je vous prie, et de moins scientifique que la parole donnée aux bêtes à des bêtes qui ne sont pas des hommes), et que dis-je, à des bêtes, aux plantes, aux choses, aux éléments comme le fait à tout mot ce poète audacieux et naïf : La Fontaine.
« Devant La Fontaine cependant leur critique a reculé. Se seraient-ils fait un cas de conscience, après avoir trop parlé eux-mêmes, de reprocher au malin et redoutable bonhomme d’avoir fait parler sans préférence le magister et les ânes ! »

P.-J. Stahl

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