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Deux amis, d’Hervart et La Fontaine

Deux,d'Hervart et La Fontaine

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Deux amis, d’Hervart et La Fontaine


L’amitié véritable est simple et confiante.
Forte de dévouement, sans cesse vigilante ,
Droite, elle hait les longs détours,
Et plus encor les longs discours.
Qui mieux que le bon La Fontaine
Connut les douces amitiés,
Heureux ces cœurs privilégiés !…
La Fontaine, ce noble sage,
S’ouvre à nous d’un seul mot ; mot naïf et charmant,
D’une sûre amitié le plus ravissant gage.

La Sablière, cœur sorti du firmament,
Venait de remonter à la voûte éternelle ;
La Fontaine pleurait sur sa cendre mortelle…»

Après le court instant de l’éternel adieu,
Montrant notre néant et la grandeur de Dieu…..
D’Hervart, un sage aussi, digne de La Fontaine,
Accourt alors vers lui : « Je ressens votre peine, »
Lui dit-il, tout tremblant d’un généreux émoi ;
« Vous aviez chez la Sablière
« Une demeure hospitalière….
« Elle n’est plus !… venez chez moi…. »
« J’y allais, » reprit La Fontaine :
J’y allais !… de ce mot la bonhomie entraîne.

Ce simple J’y allais!… ce n’est rien,… et c’est tout.
Il sculpte ces deux caractères,
Et sur un piédestal il les dresse debout
Tout éblouissants de lumières.

(Deux amis, d’Hervart et La Fontaine , impr. de A. Guéraud et Cie (Nantes) 1857)

M. d’Hervart, conseiller au parlement, ami de La Fontaine, était le fils de Barthélémy d’Hervart, l’intendant et le contrôleur des finances. Nous savons, d’après l’extrait mortuaire de La Fontaine, que ce poète est mort chez M. d’Hervart, à l’hôtel d’Hervart, rue Platrière…
(Charles Athanase baron Walckenaer)

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