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Charles Athanase Walckenaer

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Charles Athanase Walckenaer et La Fontaine


Charles Athanase Walckenaer, baron,  né le 25 décembre 1771 à Paris et mort le 26 avril 1852 à Paris.

la-fontaineCharles Athanase Walckenaer savant polygraphe et un des plus célèbres géographes français du 19e. siècle, naquit à Paris le 25 décembre 1771. Orphelin dès son bas âge, il trouva chez son oncle maternel, Duclos-Dufresnoy, les soins et la tendresse d’un père. Duclos-Dufresnoy, notaire du roi, financier et publiciste distingué, possédait une immense fortune; il n’avait pas d’enfants, et, en adoptant son neveu qui devait être son héritier, il le fit élever sous ses yeux en lui donnant la plus brillante éducation. Grâce aux leçons d’un précepteur habile, le jeune Walckenaer montra de bonne heure une sagacité aussi remarquable que précoce : à dix ans, il apprenait l’algèbre et la géométrie; à douze, il traduisait Virgile, Horace, et même Lucrèce; il parlait l’anglais et l’allemand; il avait déjà un fonds solide de connaissances en tout genre, et son goût dominant le portait dès lors vers la culture des sciences historiques et des sciences naturelles…

C.-A. Walckenaer avait pris à cœur un autre travail historique et littéraire, qui était de nature à remplir toute la vie d’un écrivain, et qui fut en effet la préoccupation dominante de ses trente dernières années. Il pouvait dire, avec Ducis, en parlant de La Fontaine :

De ma rêveuse enfance il a fait les délices ;

il pouvait ajouter que ce fabuliste, ce conteur, ce poète, ce philosophe inimitable avait fait aussi le charme et l’admiration de son âge mûr. Il le savait par cœur, et il le lisait sans cesse ; il en avait recueilli toutes les éditions originales, et il s’étonnait de voir que le texte eût été si déplorablement altéré dans les nombreuses réimpressions partielles faites depuis la mort de ce grand écrivain. Il eut d’abord l’idée de donner ses soins à une édition qui reproduirait le véritable texte de La Fontaine, et comme le libraire Lefèvre, qu’il estimait et qu’il honorait de ses conseils, avait publié avec beaucoup de succès la première édition des Œuvres complètes de La Fontaine (Paris, 1818, 6 vol. in-8°;, édition plus correcte et mieux classée que les précédentes, qui étaient loin de répondre aux désirs des amateurs, il lui proposa de préparer à l’avance une nouvelle édition, recrue sur les meilleurs textes et accompagnée d’un commentaire historique et philologique. Le libraire Lefèvre accepta cette offre avantageuse, et le futur éditeur de La Fontaine se mit à l’œuvre.
L’étude minutieuse et approfondie que Walckenaer fit de son poète bien-aimé, surtout en annotant les Œuvres diverses, lui avait permis de rassembler sur la vie de l’immortel Bonhomme une telle quantité de renseignements, qu’il composa un ouvrage considérable de biographie, au lieu de se borner à une courte notice qui eût figuré en tète de l’édition, laquelle était prête longtemps avant que le libraire fût en mesure de la mettre sous presse.

Esope et La Fontaine
Esope et La Fontaine

Aussi, Walckenaer en détacha-t-il, avec l’agrément de Lefèvre, le travail entièrement neuf qu’il avait fait pour les Œuvres diverses, et qu’il intercala dans la jolie édition in-18 des Œuvres complètes de La Fontaine que publiait alors le libraire Nepveu, avec 147 gravures d’après les dessins de Desenne, Chaudet, Dugoure, etc. (1818-1820;. Les quatre volumes qui comprenaient les Œuvres diverses corrigées, considérablement augmentées et pour ainsi dire expliquées par de savantes notes, étaient le premier essai de ce qu’on appela une édition variorum des grands écrivains français. Mais l’apparition de Fac-similé du manuscrit d'un dizain de La Fontainel’Histoire de la vie et des outrages de J. de La Fontaine (Paris, 1820 in-8 , avec fig. et fac-similé) fut un événement littéraire que la critique s’empressa de signaler. L’auteur de l’histoire de La Fontaine avait créé un nouveau genre de littérature et présenté aux fins connaisseurs un modèle achevé de biographie anecdotique et critique. « En retraçant, dit-il dans sa préface, la vie du plus populaire et du plus original de nos poètes, j’ai voulu aussi mieux faire connaître son siècle et présenter sous un nouveau point de vue l’époque la plus brillante de nos fastes littéraires. » Il a peint, en effet, La Fontaine au milieu de ses contemporains, et il l’a fait revivre avec eux dans une narration agréablement écrite et toujours appuyée sur des documents authentiques. La Fontaine eût laissé des mémoires sur lui et sur son temps, qu’il n’aurait pas mieux réussi sans doute à se faire connaître et à se faire aimer. On sut gré à Walckenaer, pour nous servir de l’ingénieuse appréciation d un de ses collègues, M. Naudet, de l’Académie des inscriptions, « on lui sut gré d’avoir eu, en un tel sujet, le bon goût de la simplicité et l’élégance du naturel ». Les recherches multiples et minutieuses auxquelles il s’était livré pour découvrir tout ce que l’histoire littéraire avait gardé de détails relatifs à La Fontaine ne peuvent être appréciées comme elles le méritent que dans les notes si abondantes et si variées qui remplissent la moitié du volume de la première édition. La seconde édition parut presque simultanément, et déjà revue et corrigée, mais sans notes, chez Nepveu, pour faire suite aux Œuvres complètes de La Fontaine, en 18 volumes in-18. Walckenaer n’attendit pas longtemps pour publier à son tour une nouvelle édition des Œuvres de La Fontaine, que les juges les plus compétents proclamèrent un chef-d’œuvre de critique et d’érudition (Paris, 1822-1823, 6 vol. in-8°). Il n’y renferma pas toutefois son Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, dont il préparait dès lors une troisième édition augmentée ; il la remplaça en tète des œuvres par un savant Essai sur la fable et les fabulistes, qu’il avait fait pour servir d’introduction aux fables de La Fontaine. Une fois entré dans le siècle de Louis XIV et mis en rapport intime avec la société polie de cette grande époque, il y chercha un autre personnage célèbre qui pût lui fournir le sujet d’une vaste composition historique et biographique à la fois, dans le genre de son livre sur La Fontaine. Il hésita quelque temps entre madame de Maintenon et madame de Sévigné ;

Madame de Sévigné
Madame de Sévigné

ses sympathies et son admiration le portèrent de préférence vers cette dernière, dont il avait lu les lettres aussi souvent que les œuvres du fablier. Il se mit au travail sur-le-champ, et il acheva, sans désemparer, le premier volume des mémoires qu’il voulait écrire sur cette femme célèbre et sur le temps où elle avait vécu ; mais il interrompit ce grand ouvrage, qu’il ne devait reprendre que quinze ans plus tard. Il fit alors imprimer deux volumes, qu’on peut considérer comme des suppléments à son édition des Œuvres de La Fontaine, qu’il avait déjà fait précéder d’un recueil intitulé Nouvelles œuvres de J. de La Fontaine et poésies de F. Maucroix, accompagnées d’une Vie de F. Maucroix, de notes et d’éclaircissements (Paris, 1820, in-8°): l’un de ces volumes, tiré seulement à 50 exemplaires, renferme la première édition exacte et complète du poème d’Adonis, tel que le poète l’avait présenté manuscrit à Fouquet, en 1658 (Paris, 1825, in-8°); l’autre réunit les Poésies diverses d’Ant. Rambouillet de la Sablière et de F. Maucroix, et les Hommages poétiques à La Fontaine, suivis de contes attribués à cet auteur, avec les vies de la Sablière et de Maucroix, des notes et des éclaircissements (Paris, 1825, in-8°)…

*(Biographie universelle ancienne et moderne: ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Volume 44, Desplaces, 1865.)

**Image source : Par Charles-Louis Bazin — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, Lien

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